Les femmes ont toujours lutté pour l'égalité des chances et contre l'évidence avec laquelle elles étaient corsetées dans des modèles prédéterminés. Cependant, pour toutes sortes de raisons elles ne furent écoutées effectivement qu'à partir des années 70 du vingtième siècle.
La deuxième vague féministe, comme on appelle aujourd’hui cette période capitale, se manifesta sous la forme de la création de groupes d'action, de l'organisation de manifestations et de la transformation en questions politiques de thèmes auparavant considérés comme appartenant au domaine privé. Bref, les femmes luttaient contre l’idée selon laquelle le sexe pouvait justifier une discrimination quelconque.
Bientôt cet engagement fut également mis par écrit : des revues féministes faisaient leur apparition, de plus en plus d'études étaient consacrées à la position sociale des femmes et l’on assistait même à la naissance d’une discipline scientifique indépendante, qui prendrait le nom d’études féministes.
Toutes ces évolutions nécessitèrent l'établissement d'un centre capable de réunir et de traiter toutes ces nouvelles informations. C’est finalement en 1977 que prit corps l'idée d'établir en Flandre un centre de documentation de la femme. Cette année-là, madame Rika De Backer-Van Ocken, ministre de la Culture néerlandaise, accorda une subvention limitée pour que le projet puisse être mis sur pied.
Le 26 octobre 1978, le Centre de Documentation RoSa asbl (en toutes lettres : Rol en Samenleving - Rôle et Société) fut officiellement ouvert. Le lieu de rencontre "Ten Weyngaert" à Forest devint son port d’attache, RoSa y demeurerait sept ans. Ce furent des années difficiles durant lesquelles les subventions accordées par les autorités ne suffisaient guère à couvrir les frais de fonctionnement et les besoins d'une bibliothèque moderne.
En automne 1985, l'année même de la clôture de la décennie des Nations Unies pour la femme, des travaux de rénovation obligèrent RoSa à déménager au centre culturel "De Kriekelaar" à Schaerbeek. Le nombre d'ouvrages et de périodiques ne cessait d'augmenter et les demandes d'information affluaient de toutes parts : RoSa devint un point de repère en Flandre.
En 1990, l'automatisation de la bibliothèque fut entamée. En même temps, l’introduction du Thésaurus Femmes, rendit possible un accès professionnalisé à toute la collection RoSa. En outre, l’effectif du personnel ne cessait d’augmenter : au début de 1999, RoSa employait déjà 14 personnes. Toutes ces évolutions étaient appuyées par un fait saillant : la nomination en 1999 de la première ministre flamande pour l'Egalité des Chances, Mme Anne Van Asbroeck.