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Femmes remarquables... Elisabeth Vigée-Lebrun

vigeelebrun Louise-Elisabeth Vigée est née le 16 avril 1755 à Paris. Son père, Louis Vigée, est pastelliste et sa mère, Jeanne Maissin, coiffeuse. Après son baptême à l'église Saint Eustache à Paris, la petite est confiée à des paysans des environs d'Epernon. Six ans plus tard elle retourne à Paris comme pensionnaire au couvent de la Trinité. La petite Elisabeth a hérité le talent de son père, elle dessine partout : sur ses cahiers, sur les murs ... Son père est fier de son talent et prévoit qu'elle sera peintre. A onze ans Elisabeth quitte l'école pour vivre avec ses parents et son petit frère Louis, né en 1758. Elle suit des cours de dessin avec son père. Quelques mois plus tard, le 9 mai, son père décède, et la même année sa mère se remarie avec un riche joaillier, Jacques-François Le Sèvre.

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Elisabeth continue ses leçons de dessin et peinture, d'abord avec Madame Blaise Bocquet, puis avec un peintre médiocre, Gabriel Briard. Elle bénéficiera aussi des conseils de Gabriel François Doyen, Jean-Baptiste Greuze et Joseph Vernet.

En 1770, la même année que Marie-Antoinette épouse le Dauphin, la famille Le Sèvre-Vigée déménage vers la rue Saint-Honoré, face au Palais-Royale, où Elisabeth s'installe comme peintre professionnel, avec beaucoup de succès. Elle est une jeune fille très sérieuse qui refuse même des demandes de portrait de jeunes galants qui veulent juste la rencontrer !
Sous la protection de deux grandes dames : Mme de Verdun, épouse d'un fermier général et la Duchesse de Chartres, Elisabeth s'adapte très bien au milieu des grands du royaume qui sont ses clients.
En 1774 son atelier est saisi par les officiers du Châtelet pour cause de pratique sans licence de son art. Elle postule immédiatement pour l'Académie Saint Luc, où elle est reçue le 25 octobre 1774, ce qui lui permet de continuer son travail de peintre.

En 1775 son beau-père prend sa retraite et la famille déménage vers un appartement de l'Hôtel de Lubert, où le peintre et marchand de tableaux Jean Baptiste Pierre Le Brun vit déjà. La même année elle offre deux portraits à l'Académie Royale et en récompense elle est admise aux séances publiques de l'Académie.

Le 11 janvier 1776 Elisabeth épouse Jean Baptiste Pierre Le Brun, joueur, coureur de jupons et un peintre qui ne peint pas mais qui exploite la célébrité de son épouse. Heureusement il est aussi un marchand de tableaux astucieux qui aide à développer la carrière d'Elisabeth.
Le couple aura une fille, Jeanne Julie Louise, née le 12 février 1780. Julie reste fille unique après une fausse couche d'Elisabeth en 1784.

Elisabeth reçoit sa première commande royale en 1776 pour une série de portraits du Comte de Provence, frère du roi (et futur Louis XVIII). Les portraits de femmes peints par Elisabeth lui rendent la sympathie de Marie-Antoinette qui fait d'elle son peintre favori. De 1778 à 1788 Elisabeth fait une trentaine de tableaux avec la reine Marie-Antoinette. Elle devient son amie et confidente. Evidemment ce succès lui vaut aussi des médisances de toute sorte : elle serait une débauchée participant à des orgies, brûlant des billets et des lambris dorés pour se chauffer, ayant plusieurs amants … exactement ce qu'on disait aussi de Marie-Antoinette.
En 1778 le couple Le Brun achète l'Hôtel de Lubert et leur salon devient un des endroits à la mode du Paris pré-révolutionnaire.

En mai-juin 1781 Elisabeth accompagne son mari pour une tournée des Flandres et des Pays-Bas. Le 31 mai 1783 Elisabeth est admise à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture (devenue Académie des Beaux Arts en 1795) en même temps que Adélaïde Labille-Guiard. Sa candidature avait rencontrée de l'opposition des autres membres parce que son mari était marchand de tableaux, mais sous la pression du roi elle est acceptée. Elle exposera régulièrement au Salon de l'Académie.

Pendant l'été 1789 Elisabeth peint le portrait de Mme du Barry quand la révolution éclate. Comme elle a peur des foules hostiles, la nuit du 5 au 6 octobre, elle quitte Paris avec sa fille et la gouvernante de celle-ci, avec l'intention d'y revenir quand l'ordre sera rétabli. Son mari reste sur place avec ses peintures et sa fortune. Elle aurait dit de la fin de l'Ancien Régime : ' Les femmes régnaient souveraines, et puis la révolution leur a enlevé le trône.'

Quand en 1791 elle est autorisée d'exposer au Salon de Paris, elle espère pouvoir retourner en France elle-même. En attendant elle voyage dans le nord de l'Italie jusque Turin où elle est rejoint par Jean-Baptiste Rivière, qui demeurera son compagnon d'exil.
Mais à Paris son nom est sur une liste d'émigrés et elle a perdu ses droits de citoyenneté. En 1793 Le Brun fait ce qu'il peut pour faire réintégrer sa femme, mais son appel est rejeté et il est lui-même emprisonné pour quelques mois. Après la mort du roi et de la reine, Le Brun demande le divorce pour se protéger.

Elisabeth voyage à Vienne, Londres, Saint-Petersbourg, invitée par les cours d'Europe et en peignant sans cesse. Elle refuse de lire les nouvelles de Paris qui parlent de ses amis, morts sous la guillotine. En 1800 sa fille épouse, contre le gré de sa mère, Gaëtan Bertrand Nigris. Elisabeth est très déçue et les deux femmes ne se réconcilieront jamais complètement. Comme la même année Elisabeth est rayée des listes des émigrés elle peut rentrer à Paris, ce qu'elle fait deux ans plus tard.
Malgré son divorce, elle s'installe dans l'Hôtel Le Brun, plus tard elle loue une maison à Meudon et elle demande à son ex-mari le remboursement de sa dote…

En 1803 Elisabeth s'installe à Londres, où elle peint le prince de Wales, Lord Byron et d'autres personnes de la noblesse anglaise.
En 1805, après un voyage en Hollande et en Belgique (?), Elisabeth retourne à Paris et s'installe de nouveau dans l'Hôtel Le Brun. Deux ans après elle peint Caroline Murat, la sœur de Napoléon. Commentaire : 'J'ai peint de véritables princesses qui ne m'ont jamais tourmentée et ne m'ont pas fait attendre.'

Elisabeth règle les nombreuses dettes de son ex-mari et lui rachète l'Hôtel Le Brun. En 1807 elle voyage en Suisse où elle peint Madame de Staël.
A 54 ans, Elisabeth s'établit définitivement à Paris où elle tient salon et, pendant l'été, à Louveciennes dans sa maison de campagne.

Elle survivra à toute sa famille proche : en 1813 son ex-mari meurt, en 1819 sa fille, revenue malade de Moscou, et en 1820 son frère. Vers 1835 elle publie ses Souvenirs, un document très intéressant sur les bouleversements de l'époque, puisqu'elle a connu beaucoup de monde dans le milieu des artistes, mais aussi à tous les cours d'Europe.

Elisabeth Vigée-Lebrun meurt à Paris le 30 mars 1842, affaiblie depuis un an par une attaque cérébrale, et elle est enterrée au cimetière de Louveciennes. Selon sa demande, on met l'épitaphe suivant sur sa tombe : Ici, enfin, je repose.

Considérée comme le peintre féminin le plus important du 18ème siècle, Elisabeth Vigée-Lebrun a fait quelques 660 portraits et 200 tableaux de paysages. Elle a peint les portraits de la plus part des notables de son temps et sa réputation était bien établie à travers toute l'Europe. Aujourd'hui on trouve ses peintures partout dans le monde, dans des collections privées mais aussi dans tous les grands musées comme le Louvre à Paris, The National Gallery à Londres et aux Etats Unis.

Composition

Elza Daix
16/11/2006

Source:

Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:

Mot clé: Kunstenaressen

Sutherland Harris, Ann; Nochlin, Linda
Women artists 1550-1950
New York : Alfred A. Knopf ; Los Angeles County Museum, 1978. - 367 p. : ill.
ISBN 0-394-73326-6
Exemplaarnr.: GIV2a/0012

Bartolena, Simona
Femmes artistes: de la Renaissance au XXIe siècle
[Paris]: Editions Gallimard, 2003. - 303 p.: ill.
ISBN 2-07-011760-X
Exemplaarnr.: GIV1m/0012
*ill. pag. 72

Mot clé: Schilderkunst

A la recherche... Des femmes peintres de notre passé...
In: CHANGEONS LES LIVRES; (januari 1991), p. 6-12

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