Belle van Zuylen, née le 20/10/1740 au Slot Zuylen sur le Vecht sous le nom d'Isabelle Agneta Elisabeth Tuyll van Serooskerken, est la fille d'une importante famille noble aux Pays-Bas.
A partir de 1748 elle a une gouvernante suisse, Jeanne-Louise Prevost, et comme elle est intelligente, elle lit bientôt Racine, Corneille, Molière, Voltaire, La Fontaine, et s'intéresse aussi aux mathématiques et à la physique. A l'age de 10 ans elle est inscrite dans une école à Genève pour bien apprendre le français. Isabelle part pour la Suisse, accompagnée de sa gouvernante.
* ill.
De retour en Hollande, en 1751, elle a du mal à se réhabituer à son environnement calviniste rigide. Elle entre même en conflit avec le pasteur à cause de ses questions concernant la religion. Suite à son éducation sévère, habituelle pour des jeunes femmes de noblesse mais en contradiction avec son caractère, elle devient mélancolique et commence à souffrir de maladies nerveuses.
En 1760, lors d'un bal à Den Haag, elle rencontre Constant d'Hermenches, un officier marié et connu pour être un Don Juan. Avec lui elle entretiendra une correspondance 'amoureuse' pendant 15 ans.
En 1761 elle publie, anonymement, son premier roman en français (comme tous ses écrits plus tard) - 'Le Noble' -, qui est une critique des préjugés de la noblesse. Ses parents sont obligés de retirer ce roman de la vente à cause de la réaction négative de leurs connaissances.
Isabelle s'intéresse à la philosophie. Elle rencontre James Boswell pendant son séjour à Utrecht, et plus tard, pendant un voyage en Angleterre, David Hume.
A partir de 1770 elle consacre beaucoup de temps à se trouver un mari 'convenable', parce que c'est la seule façon de pouvoir quitter la maison paternel et d'obtenir une certaine indépendance. Finalement elle épouse Charles de Charrière de Penthaz, venu de Vaud comme instructeur privé pour ses jeunes frères, et déménage à Le Colombier, près de Neufchâtel, en Suisse. Charles de Charrière est issu d'une famille noble pauvre, et est connu pour son manque de personnalité. Avec lui elle s'attend à un mariage tranquille.
Les 12 premières années de son mariage, pas très heureux, elle n'écrit presque plus rien. Charles est un époux gentil et poli, lui laissant une grande liberté, mais ils n'ont pas d'enfants et elle souffre toujours de maladies nerveuses. Selon certaines sources leur couple connaît une mauvaise passe dans les années 1781 jusque 1785, peut-être à cause d'une amourette de Belle avec un homme nettement plus jeune. En 1783 elle visite plusieurs fois le 'docteur miracle' Comte Balsamo Cagliostro, avec un résultat bénéfique. A partir de 1784 elle connaît une poussée de créativité : elle publie plusieurs romans, pamphlets politiques, romans philosophiques, essais et lettres qui reflètent ses idées politiques et sociales. Tous ces écrits arrivent au moment où la Philosophie des Lumières venue d'Angleterre est remplacée par le Romantisme. Elle-même se sent plus d'affinités avec les philosophes du Siècle des Lumières tels que Locke et Voltaire. Elle admire le style de J.J. Rousseau mais n'est pas d'accord avec ses idées, entre autres parce qu'elle défend l'éducation égale pour filles et garçons.
En 1787 elle rencontre l'écrivain français Benjamin Constant, un neveu de Constant d'Hermenches et beaucoup plus jeune qu'elle. C'est le début d'une amitié orageuse soutenue par une correspondance vivace. Benjamin Constant logera chez les Charrière à plusieurs reprises. Quand, en 1793, Belle reçoit la visite d'une de ses grandes admiratrices, Germaine de Staël, elle trouve leurs conversations très intéressantes, mais elle critique la façon maniérée d'écrire de Madame de Staël. Cette critique ne diminue certainement pas quand, en 1795, Benjamin Constant choisit une carrière politique et part à Paris avec Madame de Staël.
Belle van Zuylen meurt le 27/12/1805 d'une maladie mal définie dans sa villa Le Pontet en Suisse. Elle était connue à travers toute l'Europe pour ses écrits et son caractère vivace. Son mari meurt en 1808 et pour le dire avec les mots de Sainte-Beuve: 'Son mari l'a survécu ce qui est la chose la plus vivante que je puisse lui trouver'.
Elza Daix
14/12/2005
Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:
Mot clé: van Zuylen Belle
Hermsen Joke J. (red.)
Het denken van de ander : proeve van een vrouwelijke Ideeëngeschiedenis
Kampen: Kok Agora, 1997 - 347 p. Met lit. opg.
Hermsen Joke J. (e.a.)
Belle Van Zuylen tussen Verlichting en Romantiek : 'Nu eens dwaas en dan weer wijs'
Amsterdam: Sara: Van Gennep, 1990 - 147 p.
* ill. (entre p. 72-73)
Hermsen Joke J.
Nomadisch narcisme : sekse, liefde en kunst in het werk van Lou
Andreas- Salomé, Belle van Zuylen en Ingeborg Bachmann
Kampen: Kok Agora, 1993 - 327 p.
Met bibliogr.
Van den Ende, Eliane
Rebelle aan de Vecht
- In: DE MORGEN; (26 04 1997)
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