Art

Féminisme et mouvement des femmes

Figures historique

Littérature

Politique

Sport

Sciences et technique

Femmes remarquables... Hildegard van Bingen

Hildegard van BingenHildegard van Bingen (1098-1179), abbesse dans un monastère de Bénédictines, était la plus influente femme du douzième siècle.  Aujourd'hui, elle est surtout connue pour ses visions sur la cohérence du cosmos et son importante correspondance avec des personnes éminentes. Elle a aussi écrit des travaux de physique, des morceaux de musique et des hagiographies. Pour une femme au douzième siècle, elle avait une autorité inouïe. Hildegard réprimandait les papes et les dirigeants, on tenait compte de son avis dans les affaires importantes. De plus, elle a formulé une image très féminine de dieu et racontait que pour Dieu, les hommes et les femmes étaient égaux. Hildegard Van Bingen est très appréciée des théologistes féministes. Sa vision de la santé et de la maladie, comme rompus et rééquilibrés, s'adresse aux holistes.

Antécédents
Hildegard était le dizième enfant d'une famille noble. Déjà très jeune, elle a des visions et ses parents l'apportent à l'âge de 8 ans aux soins de Jutta von Sponheim, une religieuse d'origine noble. A l'âge de 15 ans, Hildegard entre dans les ordres. Au couvent, elle reçoit une formation moyenâgeuse classique. Elle devient amie avec le moine Volmar qui deviendra plus tard son secrétaire. Elle a une santé fragile. Elle confie ses visions à Jutta mais pour le reste elle les garde secrète autant que possible. 

Abbesse
Le couvent de Disibodenberg est une cellule reliée à un monastère d'hommes. Quand Jutta décède en 1136, Hildegard est élue abesse. Au fil des années, la cellule est devenue trop petite et Hildegard veut fonder son propre couvent indépendant du monastère des hommes. Elle doit endurer une vive opposition de l'abbé qui a le pouvoir sur le couvent. En effet, le couvent est une source importante de revenus. Les dots des religieuses d'origines nobles sont utilisées pour embellir le monastère des hommes, ce qui suscite de nombreuses rancoeurs ches les religieuses. Hildegard maintient et utilise la considération qu'elle a reçue par la reconnaissance du pâpe pour ses visions. Vers 1147, elle fonde un nouveau couvent sur Rupertsberg à Bingen. Le couvent devient indépendant juridiquement de Disibodenberg seulement en 1158. A partir de là, les religieuses peuvent même choisir quels prêtres sont chargés de la messe ou de donner la confession. Le couvent devient prospère et vers 1165, Hildegard peut fonder une filiale dans le voisinage.

Visions
Vers ses 42 ans, Hildegard commence à écrire ses visions. Son premier livre et le plus connus, le 'Scivias' (Connais les voies [des Hommes]), elle l'écrit avec l'aide de Volmar, son secrétaire, et Richardis, la religieuse avec qui elle a un lien très solide.  Hildegard souligne qu'elle n'est pas dans l'extase mais qu'elle perçoit ses visions 'dans son âme' dans un état éveillé. Elle fait illustrer ses textes avec des miniatures magnifiques. Les images de ses visions sont réalisées sous la surveillance attentive de Hildegard. Plus tard, deux autres travaux mystiques suivent : le 'Liber vitae meritorum' et le 'Liber divinorum operum'. 

Hildegard tente aussi d'exprimer ses visions à travers la musique. Ses compositions religieuses sont obstinées et témoignent d'une riche utilisation de sons. En opposition, plus tard, viendra son union mystique dans laquelle la relation entre l'Eglise et le Christ sera comparée avec son futur mariage avec un époux désirant, Hildegard chante la féminité et la fertilité de Marie, comme base de l'Eglise.

Femme de science et guérisseuse
Hildegard a aussi écrit un ouvrage important dans le domaine de la physique. La première partie, le 'Liber simplicis medicinae' ou 'Liber subtilitatum diversarum naturarum creaturarum', sera ensuite connu sous le titre de 'Physica', dans lequel 513 animaux, plantes, éléments, métaux et pierres sont décris avec la mention de leurs propriétés médicinales. 

Hildegard utilise les dénominations allemandes, ce qui indique un lien étroit avec la médecine populaire locale. Elle est la première à décrire les herbes qui poussent au nord des Alpes. La nomenclature qu'elle développe ici, est encore utilisée en Allemagne de nos jours. 

La deuxième partie, le 'Liber compositae medicinae' ou 'Causae et curae' , traite de la santé et des maladies humaines. Hildegard s'appuie fortement ici sur les traditions d'Hippocrate et de Claude Galien. Hildegard insiste sur l'hygiène, une bonne alimentation, suffisamment de repos et d'exercices. Elle est une des premières à conseiller de bouillir l'eau avant de la boire. Dans les environs du couvent, Hildegard est connue et appréciée en tant que guérisseuse.

En 1179, Hildegard décède. Elle est alors âgée de 81 ans, ce qui est très vieux pour les critères du Moyen-Âge. Plusieurs tentatives ont été entreprises pour la canoniser, ce qui, finalement, n'est jamais arrivé officiellement. Officieusement, Hildegard est tout de suite devenue une sainte vénérée dans les environs de Bingen. Elle a aussi un jour officiel pour sa fête, le 17 septembre.

Ecrivain
Dans ses textes, Hildegard souligne souvent qu'elle est une « pauvre petite femme' et qu'elle n'a aucune connaissance à part ce que Dieu lui a inspiré. L'humilité est une vertu au Moyen-Âge. Les écrivains soulignent d'office leur indignité. Les femmes peuvent facilement dépasser les hommes à ce niveau-là, simplement en indiquant qu'elles sont des femmes. De plus, l'autorité de Hildegard est en grande partie basée sur ses visions. Elle s'est elle-même effacée, ce qui est donc une bonne manière pour donner plus de poids à ses livres. Cet élément a toutefois été mal compris par les générations suivantes. Au 19ème siècle, on dit même que ses travaux ne sont pas authentiques et qu'en fait, ils ont été écrits par des hommes. Au 20ème siècle, Hildegard est redécouverte. Elle regagne même la reconnaissance par le grand public grâce à ses publications et ses manifestations à l'occasion de son 900ème anniversaire. Hildegard continue à faire parler d'elle par sa polyvalence et son obstination jusqu'à la fantaisie.

Rédigé par Hildegard Van Hove - décembre 2005
Traduit par Audrey Linchamps - février 2009

En savoir plus
Voix de femmes au Moyen Âge: savoir, mystique, poésie, amour, sorcellerie XIIe-XVe siècle / dir.: Danielle Régnier-Bohler . - Paris : Robert Laffont, 2006. - 1010 p.. - (Bouquins) - ISBN 2-221-06827-0

Ce bref aperçu est basé sur la documentation disponible  dans la bibliothèque RoSa sous le mot-clé : Van Bingen Hildegard.

Un bref exposé est encore accessible sur Roze Kant van RoSa.