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Femmes remarquables... Marie Popelin
La première femme avocate en Belgique

Nous n'avons pas beaucoup de données personnelles sur Marie Popelin à notre disposition.
Il est probable qu'elle soit issue d'une famille bourgeoise aisée: un frère était docteur en médecine et un autre officier supérieur dans l'armée belge au Congo.

A 18 ans, après avoir terminé ses études à l'école normale inférieure (à ce moment le seul moyen pour les filles d'obtenir un certain degré de formation), Marie Popelin est sollicitée par Isabelle Gatti de Gamond pour venir travailler comme professeur à son 'Cours d'instruction', devenu plus tard le lycée Gatti de Gamond. Cette école était la première école moyenne belge pour filles, située à Bruxelles. Très vite Marie devient une des meilleures collaboratrices. Mais, étant donné que c'étaient deux femmes de caractère, bientôt des différences d'opinion concernant la façon de travailler se manifestent et Marie commence à chercher un autre emploi dans l'enseignement.

* ill.

En 1875 elle déménage de Bruxelles à Mons où elle est nommée directrice de l'école moyenne pour filles, fondée par la faction libérale le 'Denier des écoles'. Avec sa sœur Louise elle organise cette école suivant le modèle du Cours d'instruction à Bruxelles.

En 1881 et 1882 Marie perd d'abord sa sœur, professeur à Mons, puis son frère Emile, un des premiers officiers partis pour le Congo. Rester à Mons toute seule devient trop pénible, et Marie demande son transfert vers Bruxelles où elle est plus près de sa famille, c.à.d. ses parents et son frère Ferdinand. Elle est nommée directrice d'une école moyenne à Laeken. Malheureusement elle ne peut rester en fonction qu'une année parce que la nomination avait été faite sans l'accord des autorités municipales. Elle est 'mise à disposition', mais ne trouvera plus jamais une place comme directrice d'école moyenne à Bruxelles.

C'est l'occasion pour Marie de décider de changer de carrière. A l'age de 37 ans elle commence des études en droit à l'ULB. En 1888 elle obtient son diplôme de Docteur en Droits, avec distinction.

En théorie aucune loi ne défendait les femmes d'accéder au barreau, mais en réalité il était impossible pour une femme d'exercer le métier d'avocat, et ceci aussi bien en Belgique que dans d'autres pays comme la Russie, l'Italie, la Suisse et le Danemark. En fait c'était possible uniquement aux Etats Unis.

Marie essaie tous les moyens légaux, aidée par un avocat juif, Louis Frank, mais en vain. Choquée par cette expérience de discrimination, Marie se battra le reste de sa vie pour des droits égaux pour les femmes, et plus spécifiquement pour leur droit d'exercer le métier d'avocat.

Pendant ses deux années de stage chez un avocat bruxellois, elle étudie à fond l'émancipation des femmes, et devient en 1892 la co-fondatrice de la Ligue belge du droit des femmes, ensemble avec Louis Frank, Isala van Diest (première femme médecin en Belgique), Henri La Fontaine (avocat) et sa sœur Léonie La Fontaine.

Bientôt des divergences d'opinions se manifestent dans l'association, et Marie déjà amère à cause de l'injustice subie, supporte de moins en moins la grande influence des hommes sur les décisions importantes, entre autres de Louis Frank qui est le Secrétaire Général de la Ligue. Finalement tous les hommes sont exclus et Marie devient elle-même Secrétaire Général. Elle se voue complètement à la lutte pour les droits égaux: elle préside les débats des Cercles d'Etudes, elle écrit le rapport annuel sur les activités de la Ligue pour la réunion générale, elle préside des Dîners féministes, elle entretient des contacts avec des membres du gouvernement et de la Chambre, elle prépare des textes de loi et trouve encore le temps de s'occuper du magazine trimestriel publié par la Ligue.

En 1897 elle organise un congrès féministe international à l'occasion de l'Exposition à Bruxelles.
Ce qui frappe à ce moment, c'est qu'elle reçoit beaucoup plus d'aide des représentants étrangers que des belges.
Elle assiste aussi à des congrès à l'étranger comme déléguée de la Ligue: à Paris en 1896 et 1900, à Londres en 1899 et à Berlin en 1904.

En 1905 Marie réussit enfin à regrouper les différents groupuscules féministes belges en une organisation: le Conseil National des femmes belges.

En 1912 Marie organise son dernier congrès au Palais des Académies voué à 3 grands thèmes: la situation juridique de la femme, la situation économique de la femme (sujet qui permet à Marie de parler encore une fois de l'impossibilité pour la femme d'exercer le métier d'avocat) et la situation politique de la femme où on discute le droit de vote.

Malade et épuisée moralement par sa lutte sans résultat, Marie Popelin meurt le 5 juin 1913.

Presque en même temps le mouvement arrête ses actions à cause de la guerre de 1914-1918.

La décision de rendre le métier d'avocat accessible aux femmes en Belgique est prise finalement en 1922.

Composition

Elza Daix

Source:

Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:

Mot clé: Popelin Marie

Jo Gérard (e.a.) (red.)
Dossier : les femmes belges dans notre histoire.
Grimbergen : Editions Byblos, 1983. - 98 p. : ill.. - (Belgia 2000; déc. 1983/2)
* ill.

Nederlandstalige Nationale Vrouwenraad
Marie Popelin-prijs 1995.
Brussel : Nederlandstalige Nationale Vrouwenraad, 1995

Stad Antwerpen – Dienst Emancipatiebeleid
Nota vrouwelijke straatnamen
Antwerpen : Dienst Emancipatiebeleid, [1994].- 46 p.

Mot clé: Eerste feministische golf

Kabinet van de Staatssecretaris voor Maatsch. Emancipatie
Stap voor stap : geschiedenis van de vrouwenemancipatie in Belgie.
Brussel : Kabinet Staatssecretaris voor Maatsch. Emancipatie, 1991.- 128 p. : ill.

Eliane Gubin (e.a.) (red.)
Dossier : cent ans de feminismes...
In: SEXTANT; nr 01 (hiv 1993), p. 5-95

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