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Femmes remarquables... Berthe Morisot

berthe morisot Berthe Morisot est le troisième enfant dans le ménage d'Edmé Tiburce Morisot, un haut fonctionnaire, et de Cornélie Thomas. A sa naissance à Bourges, le 14 janvier 1841, elle a déjà deux sours, Yves et Edma, et plus tard naîtra encore un frère, Tiburce.

En 1846, Edmé Morisot, un bureaucrate modèle, devient officier dans la Légion d'Honneur. Après un bref séjour à Limoges, en raison de sa carrière, les Morisots iront habiter à Passy, un faubourg de Paris. Plus tard, en 1855, Edmé Morisot est obligé de quitter ses fonctions, discrédité à cause de ses convictions politiques. La famille Morisot continue néanmoins à appartenir à la grande bourgeoisie et Berthe ne sera jamais obligée de travailler pour vivre.

Comme il est d'usage pour des jeunes filles de leur statut, les filles Morisot reçoivent les bases d'une éducation artistique. En 1857, Berthe joue déjà très bien du piano quand les trois sours commencent des cours de dessin. C'est surtout Berthe et sa sour Edma, plus âgée de deux ans, qui font preuve de talent. Bientôt elles changent de professeur : avec Joseph Guichard elles vont au Louvre pour y copier des ouvres de Titien, de Véronèse et de Rubens.

A partir de 1860, Berthe veut faire quelque chose de nouveau : elle veut peindre dans la nature. Le nouveau professeur de Berthe et d'Edma est Camille Corot, un paysagiste très connu.

La famille Morisot mène une vie sociale très active : ils reçoivent des gens connus, parmi eux des peintres qui admirent le travail des filles Morisot.
En 1864 la famille Morisot passe même l'été chez le peintre Riesener à Beuzeval.

La même année Berthe et Edma présentent pour la première fois des tableaux au Salon des Beaux Arts - le critère de l'art par excellence à cet époque - et les quatre ouvres sont toutes acceptées. Dans les années qui suivent Berthe participera encore à d'autres Salons. Dans la même période, un studio qui fonctionnera comme atelier, est construit dans le jardin de ses parents.

En 1868 Berthe rencontre Edouard Manet au Louvre et elle pose pour le tableau Le Balcon. Chez lui elle fait aussi la connaissance d'Edgard Degas.
Peu à peu, Cornélie Morisot, qui a toujours été très compréhensive, s'inquiète du dévouement de ses filles à la peinture et de leur indifférence pour les occupations 'féminines normales', et elle commence à chercher des prétendants.

En mars 1869, Edma épouse Adolphe Pontillon, un officier de marine du cercle de connaissances de la famille Manet. Le couple déménage à Lorient en Bretagne.
Pour Berthe le changement est énorme : après douze ans de travail commun avec sa sour, elle se retrouve seule dans son atelier de peinture. Edma et Berthe entretiennent une correspondance assidue, mais Edma arrête de peindre à temps plein, et sans elle Berthe aussi commence à peindre moins, ne croyant plus dans ses capacités. A cette époque elle pose pour plusieurs tableaux célèbres d'Edouard Manet, toujours accompagnée de sa mère comme chaperonne.

Quand, en 1870, la guerre éclate entre la France et la Prusse, la famille Morisot reste à Passy, même pendant le siège de Paris. Dans ces temps difficiles, Berthe se rapproche des frères Manet (Edouard, le peintre célèbre, Eugène et Gustave) et d'Edgard Degas. Elle soutient leur attitude républicaine et est d'accord avec leurs idées novatrices sur la vente de tableaux par un marchand d'art (avant les peintres vendaient généralement eux-mêmes dans leur propre atelier).

A trente ans, convaincue qu'elle ne se mariera jamais, Berthe décide d'entamer une carrière de peintre professionnel. Sa mère n'est pas du tout d'accord, aussi parce qu'elle considère que ses peintures ne sont pas assez bonnes, et continue à chercher des prétendants. Finalement il en reste deux sur sa 'liste'. Le premier est le peintre Puvis de Chavannes. C'est un homme pompeux, plus âgé que Berthe de 17 ans, avec une maîtresse officielle, mais qui a du succès et qui est depuis 4 ans un admirateur 'fidèle'. Berthe le refuse parce qu'elle n'est pas d'accord avec ses idées politiques. L'autre 'candidat' est Eugène Manet, peintre amateur, du même milieu que les Morisots mais hypersensible et agité, un caractère dont Cornélie Morisot craint qu'il s'accordera mal avec la volonté de fer de Berthe. L'idée de mariage est donc suspendue temporairement.

En 1873 la famille Morisot déménage vers un nouveau, grand appartement, où Berthe n'a plus d'atelier séparé. Désormais elle peint dans sa chambre.
Toujours habillée de noir et blanc, Berthe part souvent loger chez des connaissances entre autres à Cherbourg et à Maurecourt, loin de Paris et de ses parents, et elle voyage vers la côte basque avec sa sour aînée Yves Gobillard.

La même année (1873) elle rejoint le mouvement Impressionniste. Avec Edgard Degas, Claude Monet, Camille Pisarro, Pierre-Auguste Renoir et Alfred Sisley, elle fait parti du noyau de l'impressionnisme. Tous ces artistes peignent la vie quotidienne moderne, sur des formats pas trop grands (plus facile quand on peint dans la nature, pratique facilitée par l'invention de la peinture en tubes). Aucun d'entre eux n'a été à l'Ecole des Beaux Arts de l'Académie et, en 1874, ils cassent le monopole de l'Académie en organisant eux-mêmes une exposition avec l'aide du marchand d'art Durand-Ruel.

1874 est une année importante dans la vie de Berthe : son père meurt en janvier, mois dans lequel est également créée la Société Anonyme Coopérative, qui donne le droit à tous les artistes affiliés d'exposer leurs oeuvres.
Eugène Manet et Berthe se marient en décembre 1874 et leur fille unique, Julie, est née en novembre 1878.

Berthe et son mari se font construire une nouvelle maison à Bougival où elle peint dans le living. A partir de 1881, le sujet principal de ses tableaux est 'mère avec enfant' . Elle s'intègre de plus en plus dans la famille Manet et elle est peu à peu aussi connue pour son caractère difficile.
Son ouvre connaît un certain succès, et elle participe à plusieurs expositions même à l'étranger, comme par exemple l'exposition impressionniste à Londres en 1883.

En janvier 1884, Berthe et les frères Eugène et Gustave Manet, organisent, dans l'Ecole des Beaux Arts, une exposition rétrospective de l'ouvre d'Edouard Manet, décédé en 1882. L'exposition connaît un franc succès, mais les ventes sont décevantes. Berthe et les frères Manet sont même obligés de racheter une partie des tableaux pour garder les prix à un niveau respectable.
Berthe transforme ensuite son salon-studio en mini musée Manet.

Gustave Manet et Cornélie Morisot décèdent tous les deux en 1884. La santé d'Eugène n'étant pas très bonne non plus, les époux Manet achètent une propriété à la campagne dans l'espoir que l'air salubre aura des effets bénéfiques. Finalement Eugène meurt de phtisie le 13 avril 1892.

Entre-temps les peintures de Berthe Morisot sont connues également en Belgique où, en 1893, elle expose au Libre Esthétique à Bruxelles.

Berthe ne survivra à son mari que de trois ans et elle décède le 1er mars 1895 d'une pneumonie, à l'âge de 54 ans.

Au cours de sa vie, l'ouvre de Berthe Morisot était très appréciée par un cercle assez restreint de famille et de connaissances, mais elle était également connue à l'étranger. Après sa mort, Durand-Ruel organise une exposition de son oeuvre, puis elle se trouve vite reléguée à l'arrière-plan et son rôle dans la naissance de l'impressionnisme est à tort réduit à son statut de belle-sour d'Edouard Manet.
De plus, le fait que la plupart de ses tableaux se trouvaient chez des collectionneurs privés et pas dans un musée, a certainement aussi empêché qu'elle soit plus connue. Aujourd'hui, à part les tableaux en possession privée, l'ouvre de Berthe Morisot se trouve également à Paris (au Louvre et au Musée du Quai d'Orsay), à Londres, à Washington et à Dublin.

Après avoir été oubliée pendant près d'un siècle, l'ouvre de Berthe Morisot est enfin redécouverte grâce à une exposition en 1994.

Composition

Elza Daix
18/12/2007

Source:

Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:

Mot clé: Morisot Berthe

Higonnet, Anne
Berthe Morisot
New York: HarperPerennial, 1991. - 240 p.: ill.
ISBN 0-06-098101-6
Exemplaarnr.: T/0579
*Ill. Cover T/0579

Bona, Dominique
Berthe Morisot : le secret de la femme en noir
Paris: Bernard Grasset, 2000. - 341 p.: ill.
ISBN 2-246-53711-8
Exemplaarnr.: T/0616

Berthe Morisot, een vrouw die vol onweders zat
In: DE STANDAARD;(14/02/2001)

Schilderen voor het leven : Berthe Morisot, een vrouw onder de
impressionisten
In: DE MORGEN;(20/03/2002)

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