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Femmes remarquables... Mata Hari 

Mata Hari Le 7 août 1876, Margaretha Geertruida Zelle est née à Leeuwarden, fille aînée de Adam Zelle en Antje van der Meulen. Son père a une affaire commerciale prospère de chapeaux et casquettes. En 1883, la famille déménage dans une maison patricienne dans un quartier chic. Jusqu’en 1889, tout va bien mais après une mauvaise spéculation, son père fait faillite et la famille part à Amsterdam – entre-temps ils ont 4 enfants. Le mariage de ses parents a également souffert de ce contrecoup et en 1890, ses parents se séparent. Son père retourne à Leeuwarden. 

Quand sa mère décède le 21 mai 1891, les quatres enfants son séparés dans des familles différentes. Margaretha va habiter chez son oncle Visser à Sneek, mais parce qu’elle a déjà 14 ans et qu’il faut prévoir son propre entretien, son oncle la conduit à Leiden pour suivre une formation d’institutrice maternelle. Cette formation est arrêtée prématurément quand elle est surprise, à moitié nue avec le directeur de l’école... Le directeur conserve sa position mais Margaretha déménage à l’âge de 17 ans chez son oncle Taconis, à La Haye. A la Haye elle réagit à une annonce dans le journal dans laquelle on cherche une femme pour le militaire Rudolph McLeod âgé de 38 ans. 

Mariage malheureux
Rudolph MacLeod, descendant de souche néerlandaise d’une famille de militaires d’origines écossaises, s’engage très jeune dans l’armée néerlandaise. A l’âge de 21 ans, il est déjà deuxième lieutenant et il décide de partir pour les Indes néerlandaises. En août 1894, Rudolph retourne aux Pays-Bas, sérieusement affaibli par les rhumatismes et le diabète.  Margaretha et John (ainsi qu’a toujours été appelé Rudolph) se marient le 11 juillet 1895 et après leur lune de miel à Wiesbaden ils vont habiter chez Frida, une soeur de John. Leur fils Norman John naît le 30 janvier 1896. Margaretha ne supporte pas bien sa belle-soeur et très vite de nombreuses difficultés apparaissent, notamment à cause de l’argent. Elle a aussi des problèmes avec son mari qui est parfois décrit comme un alcoolique et un coureur de jupons. Leur mariage est donc mis à l’épreuve des disputes dès le début. 

Aux Indes néerlandaises
Après deux ans de congé de maladie, McLeod doit retourner aux Indes néerlandaises. La famille part le 1er mai 1897 s’installer au milieu de Java où Margaretha s'ennuie infiniment. A la fin de l’année, John est déplacé à Malang,  la Côte d’Azur des Indes néerlandaises. Pour Margaretha, c’est une période magnifique car de nombreux Européens habitent là et beaucoup de bals et d’autres festivités y prennent place. Le 2 mai 1898, leur fille Louise Jeanne naît, appelée par tout le monde Non (« fille » en malaisien). 
En août, on fête le couronnement de la reine Wilhemina, avec entre autres, une opérette, Les Croisés, dans laquelle Margaretha fait ses débuts dans le rôle de la reine. Après la présentation, elle semble être la star de la soirée, qui fait tournée la tête à tous les hommes. Mais c’est aussi la cause du recommencement des disputes dans la famille. Fin 1898, John est déplacé et Margaretha le suit mais 7 mois plus tard. Pendant l’été de l’année suivante, leur jeune fils décède, empoisonné par la nourrice selon des rumeurs, comme vengeance après que John ait battu l'amant de la nourrice. Leur mariage doit déjà être un enfer pour tous les deux, à en juger par les lettres que John écrit à sa soeur. En mars 1902, ils partent pour les Pays-Bas, où la séparation est prononcée le 30 août 1902. Bien que la garde de leur fille soit accordée à Margaretha, l’enfant reste chez son père et Margaretha n’obtient plus les cent florins de la pension alimentaire.

Gagner sa croûte
Fin 1903, après la séparation, Margaretha décide d’aller à Paris. Elle travaille comme modèle pour peintre, comme amazone dans un cirque, et peut-être aussi dans une chic maison close. Il semble qu’elle danse aussi une « danse de serpents » à Montmartre, et elle est invitée pour une présentation dans le salon de la chanteuse Madame Kiréevsky. Parmi les spectateurs, il y a l’industriel Emile Guimet qui dirige un musée d’objets d’arts orientaux importés par lui-même. Il l’invite à venir danser dans son musée et lui permet d’utiliser les costumes et bijoux de sa collection. Il lui conseille également d’emprunter un nom d’artiste approprié et c’est ainsi que devient Mata Hari (« oeil du jour » ou « ... du soleil » en malaisien). La présentation est un succès énorme avec des critiques élogieuses dans la presse. Durant l’année 1905, elle connaît le succès dans tous les salons mais Margaretha veut plus et elle parvient à se présenter au théâtre du Trocadéro. Elle fait des spectacles à l’étranger : elle voyage de Madrid à Monte Carlo, de Vienne en Egypte avec son amant allemand, un riche militaire. Quand elle n’obtient pas le rôle convoité de Salomé dans un opéra de Strauss, elle voyage avec son amant à Berlin. Fin 1907, la relation s’éteind et elle retourne à Paris. Entre-temps, elle a toutefois de nombreuses concurrentes qui participent toutes à le mode des danses orientales. Pourtant, elle n’est pas oubliée et elle tourne encore dans la société parisienne.
En 1910, elle devient la maîtresse d’un richissime banquier, Xavier Rousseau, duquel elle reçoit une maison en 1911 à Neuilly-sur-Seine. Après la faillite de Rousseau, elle doit à nouveau se débrouiller seule et son ancien impresario Astruc réussit à lui obtenir une présentation à la Scala de Milan, certainement l’apogée de sa carrière. 
De retour à Paris, elle décide de changer son image et tourne en tant que danseuse espagnole aux Folies Bergères en 1913.

Décidée à être célèbre à Berlin aussi, elle obtient un contract pour six mois en mai 1914. Mais lorsque la Guerre mondiale éclate, les théâtres ferment leurs portes et Margaretha risque d'être arrêtée en tant qu’étrangère indésirable. Sans visa de sortie, elle ne peut retourner à Paris mais peut aller aux Pays-Bas. 
Totalement pauvre, elle vit toutefois dans un hôtel luxueux et décide de contacter un ancien amant, le Baron Edouard Willem van der Cappellen. Grâce à lui, elle peut vivre dans la société mais elle s’ennuie et décide de retourner à Paris pour vider sa maison de Neuilly et déménager à La Haye. Là aussi, elle s’ennuie et retourne une fois de plus à Paris en mai 1916. 

Espionnage
Parce que la guerre est toujours présente dans le nord de la France, elle doit naviguer par bateau jusqu’en Espagne par les eaux territoriales anglais et de là regagner Paris. Avant qu’elle ne parte, le consul allemand, Karl Cramer, vient chez elle pour lui demander d’espionner pour l'Allemagne en échange d’argent. Margaretha accepte la proposition (selon elle, uniquement pour récupérer l’argent perdu quand elle était à Berlin et aussi parce qu’elle avait l’idée de devenir un double espion, dans l’intérêt de la France) elle reçoit le nom de code H21 et trois bouteilles d’encre invisible.

De retour à Paris, elle reprend les habitudes de sa vie mondaine et apprend à connaître le jeune capitaine russe, Vladime de Masslof qui éprouve un grand amour pour elle. Quand elle essaie d’obtenir un passeport dans le Bureau militaire pour les Etrangers, elle se trompe de porte et arrive dans le bureau du capitaine Georges Ladoux, membre du service de contre-espionnage français. Malgré qu’il a déjà été prévenu à son sujet par le contre-espionnage anglais, il lui affirme pourtant que cela peut fonctionner pour lui. Pour beaucoup d’argent (ce dont elle a besoin pour son mariage avec Masslof) elle doit via l’Espagne voyagé vers les Pays-Bas, où elle recevra les instructions d’un agent français.

Margaretha embarque sur le SS Hollandia qui est pourtant conduit par des Anglais vers Falmouth et il est fouillé à fond. Les Anglais la prennent pour une espionne allemande, Clara Bendix, et elle est arrêtée de 14 novembre 1916. Naturellement, elle nie être une espionne allemande et pendant un des interrogatoires elle leur signale qu’elle travailler pour le service de renseignement français. Après enquête, Ladoux nie cela mais demande pourtant que Margaretha soit reconduite en Espagne où elle arrive le 11 décembre. Ladoux ne reprend pas de contact mais fait intercepter tous les messages d'un émetteur secret dans les environs de Madrid. Deux messages sont compromettant pour Mata Hari : le premier qui dit que l’agent H21 est à Madrid, demandant de l’argent et des instruction et la réponse allemande qui dit qu’elle doit retourner en France pour poursuivre sa mission et qu’elle recevra 5.000 fr pour cela. 

Par manque d’instructions de Ladoux, Margaretha prend elle-même l’initiative de contacter le militaire allemand, Von Kalle. Pour les Allemands, elle doit livrer un paquet mais elle a aussi un contact avec le colonel français Danvignes, à qui elle donne toutes les informations qu’elle apprends des Allemands.

La fin
Von Kalle envoie Margaretha à Paris où elle arrive le 4 janvier 1917 et reprend son ancienne vie sociale. Quand Masslof lui raconte qu’il a été prévenu à son sujet, elle décide de quitter la France et de voyager via la Suisse et l’Allemagne vers les Pays-Bas. Elle ne reçoit pas de visa de sortie et elle est arrêtée le 13 février dans son hôtel sur des soupçons d’espionnage pour l’ennemi, elle est transférée à la prison de Saint-Lazare. 

Le procès à huis clos de Margaretha commence le 24 juillet 1917 et termine le jour suivant avec sa condamnation à mort. Pour Margaretha et son avocat, le verdict est une surprise totale. Son amant Masslof la laisse tomber, le capitaine Ladoux nie qu’il lui aurait proposé d’espionner pour la France et le colonel Danvignes n’aurait jamais transmis les données. 
Son appel contre le verdict est rejeté et les tentatives du gouvernement néerlandais (neutre dans cette guerre et donc pas allié avec la France) ne mènent à rien. Le 15 octobre 1917, le verdict est exécuté où elle se comporte très dignement. Etant donné que son corps n’était réclamée par personne, il a été cédé à un hôpital de Paris.

La différence entre la vie de Mata Hari dans le luxe et sa fin en tant qu’espionne, mène rapidement à la naissance d’un mythe. 
Il n’est pas encore sûr à cent pour cent qu’elle ait mérité son exécution pour espionnage. Cela sera peut-être plus clair quand le gouvernement français pourra débloquer toutes les données du procès en 2017.
C’est sûr que Margaretha était une aventurière dans l’âme, qui a même cru dans les rôles qu’elle a joués : femme fatale, danseuse orientale, espionne ...

Rédigé par Elza Daix - mai 2008
Traduit par Audrey Linchamps - février 2009

Ce bref aperçu est basé sur la documentation disponible  dans la bibliothèque RoSa

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