Art

Féminisme et mouvement des femmes

Figures historique

Littérature

Politique

Sport

Sciences et technique

Femmes remarquables... Judith Leyster

Judith Leyster, portrait de l'artiste par elle-même. ill. RoSa exemplaarnr. GIV2a/141La date de naissance exacte de Judit Leyster est inconnue, mais elle a été baptisé le 28 juillet 1609 dans la Grande Eglise de Harlem. Judith est le huitième enfant de Trijn Jaspersdochter et du tisseur Jan Willemsz. Il achète en 1618 une brasserie et qui l'appelle Ley-Star (Ley-Ster, 'ster' qui signifie 'étoile', comme celle qui permet de s'orienter). Judith Jansdochter reprendra ce nom plus tard et l'utilisera dans le monogramme avec lequel elle signe la plupart du temps (J*L). La brasserie n'a aucun succès car en 1624, la faillite est demandée et les parents déménagent plusieurs fois. 

Peintre du Siècle d'Or néerlandais

Judith qui reçoit une formation coûteuse comme maître-peintre, ne déménage pas. On n'est pas certain de connaître son maître, il est probable que ce soit Frans Pieterszoon De Grebber qui avait lui-même une fille et un garçon qui peignaient. En tout cas, elle a du succès car à l'âge de 18 ans elle est déjà citée comme quelqu'un qui peint avec 'goed cloeck verstand' (dans 'Description et éloge de la ville de Harlem en Hollande' par Samuel Ampzing). 

Le plus ancien travail signé par Judith, vers 1629, ne montre toutefois rien de la technique traditionelle de De Grebber, mais sa technique et sa thématique sont clairement influencées par Frans Hals. Peut-être fait-elle partie de son atelier de peinture, mais c'est surtout les plus petites scènes avec des personnages entièrement représentés de Dirck Hals, le plus jeune frère et moins connu, qui influencent le travail de Judith. Toutefois, elle développe son propre style, avec des petites scènes de tables à la lumière d'une bougie, pas parce que c'est typiquement féminin, mais habituellement basé sur le savoir-faire et la demande du marché. La plus grande partie dans son travail connu est peint entre 1629 et 1635, lorsqu'elle n'était pas mariée.

Maître indépendant
En 1633, Judith a alors environ 24 ans, elle s'établit en tant que maître indépendant et devient membre de la Guile de Saint-Lucas de Harlem. Elle n'est pas la première femme dans cette guilde car 2 ans plus tôt, Sara van Baalbergen était déjà membre. Judith peut maintenant accepter des étudiants. En 1633, le doyen de la guilde intervient lui-même dans un conflit, quand un étudiant accepté par Judith la quitte après deux jours pour l'atelier de Frans Hals. La solution est un compromis car Judith accepte la moitié de l'argent de l'apprentissage et promet de récupérer les affaires de l'étudiant parti par son domestique. Le conflit a toutefois une fin désagréable. Judith doit une amende à la guilde parce qu'elle n'avait pas déclaré son élève et donc n'avait pas payé la guilde. Juste après, elle accepte deux nouveaux élèves et paie la somme d'inscription.

Judith est bien au courant des nouvelles tendances dans l'art de la peinture et elle s'adapte à la nouvelle mode où les acheteurs de tableaux ne sont plus les autorités ecclésiastiques, ni la cour mais bien les citoyens aisés. Ceux-ci sont intéressés par des scènes de genre silencieuses et des portraits, de préférence pas trop grandes, ni trop chères, et Judith fait tout cela.

Mariage
En 1636, Judith se marie avec Jan Miense Molenaer, comme peintre également influencé par Dirck Hals, et aussi commerçant d'art. La famille déménage à Amsterdam quelques mois après le mariage, peut-être à cause d'une épidémie de peste et/ou des dettes. En tout cas, le commerce d'art était moins florissant à Harlem et à Amsterdam, il y a plus de possibilité avec la concurrence libre sur les marchés publics.
Après son mariage, il y en a encore d'autres mais seulement un seul est connu grâce à sa signature, à savoir une aquarelle sur un vélin de 1643, représentant une tulipe et réalisé vers le mois d'avril, le dernier mois de sa troisième grossesse. Ensemble, Judith et son compagnon ont 5 enfants, parmi lesquels trois décèdent en bas-âge.

Carrière
La question est naturellement si sa carrière prometteuse a été brisée par son mariage et le souci de l'entretien. Selon certains documents, on peut savoir que Judith était étroitement impliquée par les affaires de son mari. Elle a pu lire, écrire et calculer, et elle l'aidait dans l'achat de leurs maisons à Amsterdam, Harlem et Heemstede, où elle a pu signer elle-même les papiers à sa place. Lorsque que la famille retourne à Harlem en 1647, Judith est encore une fois montrée comme une 'vraie dirigeante dans l'art'. Il n'est donc pas encore sûr que Judith n'ait rien peint d'autre car beaucoup de ses travaux ne sont pas datés et peut-être encore inconnu maintenant. Peut-être a-t-elle habituellement coopéré dans l'atelier de son époux, comme lorsque c'était la coutume. En tout cas, en 1648, elle est encore décrite comme une artiste connue dans le 'Harlemias' de Theodorus Schrevelius.

Au vu des différents documents du 17ème siècle qui existent encore, il est possible d'avoir une image assez claire de sa vie, mais le document le plus particulier encore conservé est l'inviation à son enterrement qui a eu lieu le 10 février 1660 à Heemstede.

Notoriété
Malgré qu'elle soit une artiste connue, elle a été vite oubliée après sa mort et ses tableaux sont souvent attribués à Frans Hals. A la fin du 19ème siècle, aussi à cause l'époque de la montée des mouvements de femmes, cela change. En 1893, on trouve, par exemple, sa véritable signature sur un tableau « Le couple gai » attribué à Frans Hals, au Louvre. A partir de là, il y a eu un plus grand intérêt pour son travail, et encore d'autres tableaux qui étaient auparavant attribués à Frans Hals, lui sont désormais accordés à juste titre. (28 tableaux)

C'est remarquable, au vu de ses racines familiales qui n'avaient aucun lien avec la peinture, que Judith ait choisi le métier de peintre, et encore plus déterminant, qu'elle s'est exercée avec des hommes. Elle a dû avoir en tout cas une forte personnalité : le fait qu'elle ait eu son propre atelier en tant que femme isolée témoigne de son affirmation identitaire en à travers certains documents, il semble aussi qu'elle n'était facile en affaires quand il s'agissait de paiements (aussi bien pour les dépenses que pour les revenus).

Les oeuvres de Judiths Leyster sont visibles aux Pays-Bas, notamment au 'Rijksmuseum' d'Amsterdam et au musée d'Harlem, mais aussi en France au Louvre, à Londres dans la 'National Gallery' et même dans différents musées des Etats-Unis.

Rédigé par Elza Daix - décembre 2006
Traduit par Audrey Linchamps - février 2009

Ce bref aperçu est basé sur la documentation disponible  dans la bibliothèque RoSa  

Oude meesteressen : vrouwelijke kunstenaars in de Nederlanden / Leen Huet, Jan Grieten. - Leuven : Van Halewyck, 1998. - 231 p. : ill. ISBN 90-5617-051-1

Judith Leyster : schilderes in een mannenwereld / Pieter Biesboer (e.a.). - Zwolle : Waanders Uitgevers ; Haarlem : Frans Halsmuseum, 1993. - 387 p. : ill.

Singular women : writing the artist / ed. Kristen Frederickson, Sarah E. Webb. - Berkeley : University of California Press, 2003. - 266 p. : ill. ISBN 0-520-23165-1

Ses tableaux sur Google Images