Anne de l’Enclos, dite Ninon de Lenclos, est la fille d’un gentilhomme de Touraine, militaire à l’esprit libre, ayant servi sous les rois Henri III et Louis XIII, probablement comme mercenaire. Sa date de naissance n’est pas certaine : selon le Wikipédia elle est née à Paris entre 1615 et 1623. Sa mère, issue d’une famille assez connue du côté d’Orléans, les Abra de Raconis, était ce qu’on appelle communément une grenouille de bénitier. Il y avait donc une énorme différence entre ses parents, et bien vite il est clair que Ninon ressemble plus à son père. Avec sa mère elle visite des salons, où la jeune Ninon, connaissant l’italien et l’espagnol, et étant versée dans les sciences, suscite l’admiration par son esprit, sa beauté et aussi par sa façon de jouer le luth (plus tard elle apprendra aussi le clavecin).
A quinze ans Ninon est orpheline et héritière d’une fortune. Ceci lui permet de ne jamais se marier et de vivre une vie très indépendante, dans l’esprit épicurien de son père.
Elle collectionne des amants célèbres - Walpole l’appellera Notre Dame des Amours - comme le mari et le fils de Madame de Sévigné, le grand Condé, le duc de La Rochefoucauld, et bien d’autres. Ninon aurait eu au moins un enfant, probablement plus. Avec le Chevalier Louis de Mornay elle a un fils, le Chevalier Louis de la Boissière qui deviendra un officier de marine brillant. En ce qui concerne d’autres enfants, il y a une source qui raconte qu’elle a un fils, qui pourrait avoir comme père aussi bien le Comte d’Estrées que l’Abbé d’ Effiat. Après des querelles multiples entre les deux pères prétendants, ils décident de clôturer ce débat en jouant aux dés pour la paternité et c’est le Comte qui gagne…
Il y a aussi l’histoire tragique d’un fils qu’elle aurait eu avec le Marquis de Gersay. C’est le père qui l’éduque sous le nom de Chevalier de Villiers, tout en gardant secret le nom de sa mère. C’est la base d’un drame oedipien : quand le chevalier est présenté à Ninon de Lenclos, qui a 65 ans à cette époque mais qui est toujours aussi attrayante, il devient amoureux. Tout en cachant la vraie nature de leurs relations, Ninon essaie de lui faire comprendre qu’une relation amoureuse entre eux est exclue. La passion du jeune chevalier ne fait que grandir par ce refus et dans un essai ultime il vient la visiter à la campagne. Outrée par ses avances Ninon avoue enfin qu’elle est sa mère et le pauvre jeune homme sort du petit château en courant pour se suicider dans les bois environnants…
A partir de 1667, Ninon tient salon en l’hôtel Sagonne, rue des Tourelles à Paris. Il y a, évidemment, beaucoup d’hommes célèbres parmi ses visiteurs entre autres François de la Rochefoucauld, Jean-Baptiste Lully, Jean de La Fontaine, Philippe d’Orléans et même le duc de Saint-Simon, le mémorialiste fameux. Ninon est belle, cultivée, musicienne, danseuse, parfaitement adaptée au mode de vie de cette époque et son salon est le plus notoire. On dit qu’elle y donne aussi des cours, théoriques et pratiques s’il faut, aux jeunes hommes dans la ‘façon jolie de faire l’amour’.
Ninon est également appréciée par des dames influentes, particulièrement par Madame de Maintenon (qui épousera le roi Louis XIV), Madame de Lafayette et de Madame de La Sablière.
Même la reine Christine de Suède demande à la rencontrer lors de sa visite de Paris et elle est tellement ravie par après, qu’elle propose à Ninon de l’accompagner à Rome.
Molière lui demande des conseils pour son Tartuffe et même Louis XIV s’intéresse à l’opinion de Ninon, par personne interposée, c’est dire qu’elle était appréciée tout au long de sa vie.
Jusqu’à un âge très avancé Ninon continue à inspirer l’amour. Elle approche de quatre-vingts ans quand l’abbé Gédouin tombe amoureux d’elle, mais elle lui demande de patienter jusqu’à une date bien précise avant de lui accorder ses faveurs. Par après elle lui avouera que c’est par coquetterie qu’elle lui a imposé ce délai : elle voulait pouvoir dire d’avoir fait encore un conquête après son quatre-vingtième anniversaire…
Ninon de Lenclos meurt le 17 octobre 1706. Quelques mois avant son décès elle s’est encore faite présenter le jeune François Marie Arouet, fils de son notaire et le futur Voltaire. Dans son testament elle lui lègue une somme d’argent lui permettant d’acheter des livres.
Ninon de Lenclos était un esprit libre, imprégnée du courant libertin qui trouve son origine sous Louis XIV et qui se développera encore plus au siècle des Lumières. Son nom fera toujours partie de la liste des grandes courtisanes, mais elle n’était pas limitée aux histoires amoureuses. Elle reste un symbole de culture et de raffinement qui savait captiver les gens par son charme et sa bonne humeur, jusqu’à un âge avancé. Grâce à son héritage elle pouvait se permettre de vivre comme elle voulait. Bien que conseillère pour des grands écrivains de son époque, son propre œuvre se limite à des lettres (rassemblées dans des recueils comme p.e. Lettres de Ninon de l’Enclos au marquis de Sévigné). Dans ces lettres elle philosophe sur les femmes et l’amour. On lui attribue aussi un petit livre La Coquette vengée, une réponse écrite au Portrait de la Coquette, très critique, de Félix de Juvénel.
Ninon de Lenclos reste un symbole de femme cultivée et indépendante, qui a réussi de vivre ‘comme un homme’. Pour elle la religion, première source de l’état inégal des femmes à cette époque, n’était que des histoires et Voltaire lui accordait cette unique prière :’Mon Dieu, faites de moi un honnête homme et n’en faites jamais une honnête femme’.
Composition
Elza Daix
12/02/2008
Source:
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Mot clé: Ninon de Lenclos
De Lenclos, Ninon
Sjouerman, Louis (vert., inl)
Het galante leven van Freule Ninon de Lenclos. - Amsterdam : Vennootschap Letteren en Kunst, [s.a.] T/0816
wikipedia
*ill.
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