Aletta Jacobs est le neuvième enfant d'une famille du médecin Abraham
Jacobs et d'une femme au foyer Anna de Jongh. Elle est née à Sappemeer
(Groningen) le 9 février 1854 et après elle, ses parents ont encore eu deux
enfants. Très tôt, dès l'âge de 6 ans, elle sait qu'elle veut devenir docteur comme
son père, un métier qui, en ce temps-là, était uniquement réservé aux
hommes.
Avec l'aide de son frère aîné Julius, lui-même docteur, elle étudie les matières nécessaires pour réussir un examen d'apprenti pharmacien. Le 26 juillet 1870, elle obtient son diplôme et elle reçoit l'autorisation d'aller étudier pendant un an à l'essai à la Rijksuniversiteit de Groningen. Elle commence le 20 avril 1870 et sept ans plus tard, elle obtient son diplôme de médecin. Ses études et l'obtention de son diplôme en tant que première femme-médecin sont largement discutés dans la presse.
Pour qu'elle connaisse en grande notoriété, elle reçoit d'un bienfaiteur, C. V. Geritsen, 1 000 florins à condition qu'elle fasse un voyage à l'étranger avec cet argent. Elle choisit Londres où elle fait la connaissance de Mrs Garrett Anderson, directrice d'un hôpital uniquement créé pour les femmes sur Marylebone Road, et sa soeur, Mrs Millicent Fawcett, présidente de l'Association pour le droit de vote des femmes. Durant la journée, elle travaille dans un hôpital pour enfants et dans l'hôpital des femmes et tous les soirs, elle assiste aux réunions. Suite à cela, elle entre en contact avec la théorie malthusienne (la maternité consciente) et aussi dans la luttre pour le droit de vote des femmes.
Début 1879, Aletta est de retour à Amsterdam pour un congrès international pour la promotion de la science médicale. Son plan pour retourner encore une fois à Londres, n'aboutit à rien car à Amsterdam elle reçoit beaucoup de demandes d'exercer sa profession. Aussi pendant ce congrès, elle est de plus en plus citées dans les journaux et elle utilise cette réclame pour entamer une carrière fructueuse de médecin sur le 'Herengracht'. Dès cet instant, ses parents habitent aussi Amsterdam et elle peut aller manger chez eux tous les jours ce qui facilitent légèrement sa vie. Evidemment, tout n'est pas aussi facile : sa question et son adhésion au musée d'étude sur le Rokin (habituellement réservé aux hommes uniquement) bute contre un tollé de protestations. Elle reçoit aussi le conseil de médecins de se spécialiser dans la gynécologie et surtout d'appliquer des tarfis plus bas que ses collègues hommes. Comme toujours, Aletta fait ce qu'elle veut, elle.
En 1880, elle commence un cours pour femmes concernant l'hygiène et les soins aux petits enfants, où elle donne des consultations gratuites deux fois par semaine.
Par ces consultations gratuites dans le Jordaan, Aletta entre en contact aves les femmes les plus pauvres et détermine ainsi que de nombreux accouchements et la grande charge d'enfants sont les causes de maladies lourdes. Elle cherche après un contraceptif convenable qu'elle trouve dans un article du Dr. Mensinga, nommé pessaire. Naturellement, son utilisation entraînent de nombreuses et sournoises calomnies sur Aletta, surtout de la part de ses collègues gynécologues qui ont peur pour leur gagne-pain ...
En 1880, son futur compagnon, Carel Victor Gerritsen, vient prendre pour la première fois le thé chez Aletta où il est chaperonné par sa soeur Frédérique.
En mars 1881, Aletta subit une lourde perte quand son père décède suite à une attaque cérébrale. Il l'avait toujours soutenue et discutait avec elle des difficultés des maladies graves dans la pratique. Après la mort de son père, elle rencontre régulièrement Gerritsen avec lequel elle discute surtout des améliorations sociales. Fin 1885 et début 1886, ils décident de ne pas s'engager officiellement mais de vivre en concubinage jusqu'à ce qu'ils décident de se marier en 1891, en vue d'avoir des enfants ... Leur premier enfant naît en septembre 1893, mais décède quelques heures après sa naissance.
Déjà très jeune, Aletta s'intéressait aux inégalités entre les femmes et les hommes et donc également dans la lutte pour le droit de vote des femmes. En 1883, il y a de nouvelles listes d'électeurs et quand son nom, tant attendu, n'apparaît pas, elle décide d'agir. Elle écrit une lettre au bourgmestre et aux échevins pour revendiquer son droit de vote mais elle reçoit une réponse négatice (bien que la loi n'interdise pas le droit de vote des femmes, on n'accorde pas d'intérêt au votes des femmes). Aussi, la justice rend un jugement négatif et la presse reçoit de nombreux commentaires injurieux. Le 18 mai 1883, elle fait appel au Haut Conseil qui le rejette lui aussi. Par manque de partisans féminins, elle abandonne provisoirement sa rébellion. En 1887, la Constitution est modifiée ainsi : le droit de vote est uniquement accordé aux hommes néerlandais.
En 1894, Aletta est la fondatrice de l'Association pour le droit de vote des femmes où elle sera présidente à partir de 1902 : elle écrit des articles, organise des réunions dans tout le pays et entretient des contacts avec des associations semblables à l'étranger. Elle donne surtout des conférences et voyage aussi à l'étranger, toujours soutenue par son mari C. V. Gerritsen. Cela durera 25 ans (jusqu'en 1919) pour les femmes néelandaises qui recevront finalement le droit de vote et en 1922, elles pourront voter pour la première fois.
Aletta reste active socialement et à la fin des années 1890, elle entame une campagne spctaculaire pour le bien-être des jeunes vendeuses. Il était habituelle que celles-ci devaient reste debout toute la journée pour recevoir les clients et même s'il n'y avait personne dans le magasin. La lutte d'Aletta pour l'obligation d'avoire une place assise derrière le comptoir est d'abord minimiser, mais environ vingt ans après, une loi est votée pour résoudre ce problème.
Lors de ses voyages à l'étranger - elle accompagne son compagnon lorsqu'il va à des congrès de l'Union Interparlementaire - elle entre aussi en contact avec des associations qui luttent pour la paix. Bien que pacifiste convaincue, sa première priorité reste la lutte pour le droit de vote des femmes car les femmes peuvent alors automatiquement exercer une influence sur la guerre.
En 1904, C. V. Gerritsen commence à avoir des problèmes de santé qu'il attribue à l'épuisement. Il présente cela comme ça pour pouvoir prendre des vacances en Amérique du Nord. Mais pendant ces vacances, il consacre également beaucoup de temps à visiter des hôpitaux et des prisons. En janvier 1905, ils sont de retour aux Pays-Bas, mais Gerritsen a visiblement maigri et a passé tout son retour de voyage alité. Pourtant, il se présente encore comme candidat aux élections en juin et est élu pour le district Den Helder. Entre-temps, il a un cancer à l'estomac et au foie et il décède le 5 juillet 1905. Pour Aletta, c'est un coup dur et elle part quelques temps à l'étranger pour digérer cette perte.
En 1911, elle veut faire un tour du monde avec une amie américaine, Mrs. Chapmann Catt, présidente de la Fédération mondiale pour le droit de vote de la femme. Mais elles participent d'abord à un congrès international pour le droit de vote de la femme à Stockholm. Avec une compagne de voyage hollandaise, Aletta fait une tour en Laponie et en Norvège. Après cela, elle part en Afrique du Sud d'où elle retourne à Port Saïd, voyagent à travers Jaffa et Jérusalem, à travers la Syrie vers Beyrouth et visite Alexandrie et Le Caire. Avec Mrs. Catt, elle voyage alors à Ceylon, les Indes brittaniques, à Penang, Burma, Singapour et Java. Après elles séjournent encore dans les Philippines, en Chine et au Japon. Après cela, Aletta rentre, en passant par la Russie, aux Pays-Bas pendant que Mrs. Catt retourne chez elle à Honolulu. Le voyage complet a duré seize mois et Aletta écrivait toutes les semaines deux articles pour les journaux.
Avec la collaboration de Mme F.W. van Wulfften Palthe-Broesen van Groenou, Miss Jane Addams et dr. Alice Hamilton (professeur en hygiène sociale à l'université d'Harvard), elle voyage en 1915 dans plusieurs pays européens pour répandre la paix, avec un succés mitigé : en Angleterre, le ministre des affaires étrangères Sir Edward Grey leur demande de comprendre que la participation du Président Wilson serait indispensable pour les négociations de paix, à Berlin M. von Jagow les accueille lui-même; à Vienne elles sont aussi reçues favorablement, en Italie, par contre (cela explique la guerre) elles ne trouvent aucune écoute; Paris également n'est pas d'accord et en Suisse il est ouvertement interdit de parler de paix et le Pape ne veut pas se prononcer. De même, le ministre-président des Pays-Bas, Cort van der Linden, souhaite d'abord connaître le jugement du Président Wilson, c'est pourquoi Aletta voyage en Amérique en août. Après quelques difficultés, elle reçoit un entretien avec le président qui refuse poliment de faire des promesses concernant les négociations de paix ... Après son retour, elle s'occupe ensuite, avec Rosa Manus, surtout de la Ligue pour la paix durable. Entre-temps, elle a déménagé d'Amsterdam vers La Haye.
Après la guerre, elle s'occupe encore pour le retour des prisonniers de Sibérie. En 1920, Aletta participe au premier congrès du Conseil international des femmes depuis la fin de la guerre, à Christiana.
Lors de son septantième anniversaire (1924), elle est devenue très célèbre.
Elle est décédée le 10 août 1929, à l'âge de 75 ans.
Aletta Jacobs a joué un rôle important lors de la première vague féministe aux Pays-Bas. Elle a donné l'exemple en tant qu'étudiante d'université et en tant que première femme médecin. De plus, elle a agi pour le droit de vote des femmes, les améliorations sociales par la restriction des naissances et par l'adaptation des conditions de travail pour les femmes, et pour la paix.
Composé par: Elza Daix
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15/05/2008
Traduit par: Audrey Linchamps - février 2009
Sources:
Ce bref aperçu est basé sur la documentation suivante, disponible dans la bibiliothèque RoSa, mot clé : Jacobs, Aletta
Bosch, Minneke, Een onwrikbaar geloof in rechtvaardigheid: Aletta Jacobs 1854-1929
- [S.l.] : Balans, 2005 .- RoSa n° T/0857