Quand Mary Ann Evans naît le 22 novembre 1819 son père, Robert Evans, est intendant de la famille Newdigate et régisseur de leur propriété à Warwickshire. Sa mère, Christiana Pearson, fille dun petit propriétaire foncier, est sa deuxième femme et ensemble ils ont déjà deux enfants: Christiana, née en 1814 et Isaac, né en 1816. Robert Evans, lui-même quatrième fils dun menuisier à Derbyshire était veuf avant leur mariage avec deux enfants: Robert né en 1802 et Fanny née en 1805.
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La famille déménage vers Griff House à Arbury Estate quand Mary Ann a quatre mois. Isaac et Mary Ann vont à lécole en face de la maison, mais ils séchappent souvent pour jouer ensemble. Mary Ann est pleine dadmiration pour son grand frère et le suit partout.
A partir de 1824 elle est inscrite à lécole de Mme Wallington, où elle est considérée comme une élève exceptionnelle. Mary Ann sattache à linstitutrice titulaire très croyante, Maria Lewis, qui est une adepte de la doctrine évangélique de John Jones.
Grâce à ses résultats excellents, à lage de treize ans, elle peut aller à la meilleure école pour filles en ce moment-là, celle de Mary et Rebecca Franklin, filles de pasteur. Mary Ann se montre tellement sérieuse et même pompeuse que ses co-élèves ont de la peine à croire quelle ait été un bébé! Elle brille en peinture, exercices de style en anglais et français et elle lit les auteurs les plus divergents. Ses bons résultats lui donnent un peu plus de confiance en soi, mais en raison de son caractère fermé elle reste quelque peu isolée. En plus, en ce qui concerne sa religion, elle est une puritaine intransigeante. A Noël 1836 elle est obligée de quitter lécole parce ses parents sont malades. Son père se rétablit, mais sa mère décède dun cancer en 1837. La même année Christiana épouse un médecin, et Mary Ann prend charge du ménage de son père, ce qui lui donne une certaine indépendance. En plus de ses occupations quotidiennes très exigeantes, elle continue à lire, petit à petit aussi des auteurs romantiques, et elle apprend lallemand, litalien et les sciences. A cause de ses principes rigides elle vit assez isolée, mais elle perd tout doucement sa foi, et le conflit entre croyance et émotions cause plusieurs crises hystériques.
En 1841 Isaac se marie et reprend la gestion de Griff House avec son épouse. Mary Ann et son père déménagent à Bird Grove, Foles Hill à lextérieur de Coventry. Elle commence la traduction de Das Leben Jesu de Strauss, quelle termine en 1846. Entre-temps son ancien prof, Mme Franklin, la introduite dans la communauté évangélique où elle fait la connaissance de Charles et Cara Bray, ainsi que de Charles et Sara Henell, qui la détournent de sa foi unitarienne. Dans la maison des Bray à Rosehill on discute de toutes sortes didées nouvelles et originales concernant la religion et la philosophie. Son père est scandalisé par ses convictions nouvelles, surtout parce quil a peur quelles lui empêcheront de rencontrer des candidats sérieux au mariage. Mary Ann se conforme extérieurement mais souffre dune crise de foi sévère.
En 1848 son père devient malade et il meurt le 30/5/1849. Les Bray linvitent à voyager avec eux en Europe, et elle reste un certain temps, seule, à Genève. Après une forte dépression elle change son prénom: dorénavant elle sappelle Marian ou Marianne. De retour en Angleterre elle visite son frère Isaac mais elle est très mal reçue. Finalement elle prend une valise et part pour Londres, en 1851, pour faire sa fortune littéraire.
Pendant cinq ans elle travaille comme rédactrice assistante de John Chapman au The Westminster Review, un magazine radical très en vogue. Dans son nouvel environnement elle se fait de nouveaux amis, hommes et femmes, et elle tombe amoureuse successivement de John Chapman, de Herbert Spencer et finalement de George Henry Lewes, un coureur de jupons extraverti. Le fait quil soit encore marié et père de famille ne les empêche pas du tout de commencer une liaison en finalement de vivre ensemble. Marian abandonne son travail mal payé au The Westminster Review et traduit une oeuvre du philosophe Ludwig Feuerbach Das Wesen des Christentums, puis ils partent en voyage à Weimar et Berlin.
En mars 1855 ils sont de retour en Angleterre où leur vie nest pas toujours facile à cause de leur cohabitation.
Ils sont obligés de gagner de largent pour leur propre ménage, mais aussi pour lentretien des enfants de Lewes, et pour aider sa sur Chrissey, maintenant veuve avec six enfants. George Lewes travaille pour un magazine et Marian écrit des articles, des critiques, des essais et traduit Ethica de Spinoza. En même temps elle étudie les langues classiques et lit des auteurs modernes comme Charlotte Brönte, Jane Austen et George Sand, un auteur très discuté en Angleterre à cause de ses idées sur lamour libre. Elle soccupe aussi détudes de la nature et tient un journal.
A partir de 1855 elle montre de lintérêt pour les points de vue féministes, tout en gardant une attitude ambivalente: dun côté elle estime que la loi entretient des restrictions injustes envers les femmes, mais en même temps elle ne croit pas à une image idéaliste de la femme et à légalité. Elle expose ses idées dans Silly Novels by Lady Novelists et Women in France.
Encouragée par Lewes elle commence à écrire de la fiction à partir de 1855, mais sous un pseudonyme masculin, George Eliot, pour éviter une série de consignes restrictifs pour auteurs féminins. Titres de sa main: Janets Repentance, Scenes of a Clerical Life, Mr. Gilfils Love Story.
En 1857 les Lewes vivent une vie tranquille à Richmond : travailler, se promener dans le parc, lire et écrire. Ils ne reçoivent pas beaucoup de visites mais ils partent régulièrement en voyage et le roman Adam Bede est finalisé en Allemagne. Lannée après ils partent en Suisse où George visite ses fils à lécole et ils séjournent à München et Dresden où ils sont mieux acceptés comme couple non marié.
De retour en Angleterre Marian se fait des soucis pour sa sur malade et écrit à son frère Isaac racontant sa vie avec Lewes. Le résultat est que Isaac, choqué, coupe toutes les relations avec elle. Adam Bede est publié en février 1859 et connaît un grand succès: le livre est republié, traduit en quatre langues et rapporte beaucoup dargent. Les Lewes achètent une maison, Holly Lodge à Southfield. En mars Chrissey décède sans que les surs se soient revues.
Quand son pseudonyme est dévoilé les réactions de leurs amis sont diverses. Herbert Spencer est jaloux de son succès, et on raconte même que le livre nest pas écrit par Marian mais quil était déjà publié quelques années plus tôt par un certain Joseph Higgins. Tout compte fait elle sent plus de honte que de fierté de son succès. Heureusement George est là pour lencourager et régler les contrats avec les éditeurs. Marian écrit dautres romans tels que The Lifted Veil, The Mill on the Floss, Silas Marner et Romola. Lors dun de leur voyages en Europe, Charles, fils de George, retourne avec eux en Angleterre et ils déménagent à Londres. Leur cercle de connaissances cest agrandi mais Marian reste toujours un peu isolée naimant pas trop les visites.
En 1863 ils achètent une autre maison The Priory sur la North Bank près de Regents Park Canal. Marian travaille à un drame en vers, The Spanish Gipsy, mais la première version ne se passe pas bien et elle souffre dune dépression. George Lewes ne se sent pas trop bien non plus mais il se rétablit quand il commence à travailler pour un nouveau magazine, ce qui lui donne plus doccasions de rencontres multiples avec des amis.
Après la publication de Felix Holt ils voyagent de nouveau en Europe. Marian écrit plus de poésie et sa notoriété sagrandit. Chez eux ils reçoivent des visites dadmirateurs, comprenant aussi bien des membres de laristocratie que des personnes connues telles que Cosima Wagner et Clara Schumann. Thornton, fils de George, revient de lAfrique du Sud, gravement malade, et est soigné par Marian jusquà sa mort en 1869. Elle écrit Middlemarch et Daniel Deronda. Ses romans suscitent même lintérêt de la Reine Victoria, et la Princesse Louise demande à son Banquier de donner un dîner pour lui permettre de rencontrer George et Marian!
En 1878 George devient malade et meurt dun cancer le 22/11/1878. Marian est anéantie par la douleur et reste plusieurs mois sans recevoir de gens, excepté John Cross, un banquier nommé par son mari pour laider avec les aspects financiers de son existence.
Un an et demi plus tard elle consent à épouser, après trois demandes, John Cross, qui a vingt ans de moins quelle. Quand ils se marient en mai 1880 elle suscite encore une fois les ragots, cette fois-ci à cause de la différence dâge: on raconte que John na pas osé faire autrement que de dire oui à la demande en mariage de la part de Marian! Isaac, par contre, après vingt ans de silence, la contacte pour la féliciter!
Les nouveaux époux partent en voyage de noces en Italie où John, dans des circonstances non élucidées, saute par la fenêtre dans le Canal Grande et est sauvé par un gondolier. On parle de dépression ou de fièvre et son frère vient dAngleterre pour les raccompagner à la maison. En Angleterre John va mieux mais Marian devient malade. Le 19 décembre elle se plaint de mal à la gorge et elle meurt inopinément le 22/12/1880.
George Eliot a commencé sa vie en puritaine rigide pour évoluer vers la libre pensée.
Sa vie privée a été sujet à beaucoup de critiques et a causée une rupture complète avec son frère. Elle préférait une certaine solitude et écrire lui coûtait beaucoup dénergie: pour éviter les critiques elle partait en voyage après la publication de chaque livre. Il est bien possible quelle ne serait jamais devenue un auteur connu sans linfluence de George Lewes, extraverti et gai. Cest lui qui lencourageait, qui laidait avec les intrigues de ses romans et qui figurait comme agent littéraire. Après sa mort ses romans ne perdent jamais complètement lintérêt des gens mais elle est considérée comme un auteur typiquement victorien.
Au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle lintérêt agrandit de nouveau quand certains de ses romans ont été filmés.
Elza Daix
14/03/2006
Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:
Mot clé: Eliot George
Taylor, Ina
A woman of contradictions : the life of George Eliot
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*ill. omslag
Uglow, Jennifer
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Noordervliet, Nelleke
En toch herdruk op herdruk : George Eliot.
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Manschot, Anke
Victoriaans maar dol op seks.
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