Marguerite Donnadieu est née à Gia Dinh (près de Saigon) le 4/4/1914, quelques semaines avant le début de la première guerre mondiale. Son père, Emile, professeur de mathématiques est nommé directeur de l'enseignement en Cochinchine. Sa mère, Marie Legrand, est professeur de français. En 1920, quand son père doit retourner en France pour se faire soigner d'une dysenterie amoebienne, sa mère reste au Vietnam avec les enfants, deux garçons et une fille.
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Après le départ du père leur vie change dramatiquement. C'est fini de vivre dans une maison de fonction luxueuse, et socialement ils ne sont guère mieux que les indigènes. Son père meurt en France le 4 décembre 1921, âgé de 49 ans. Après la mort d'Emile Donnadieu, Marguerite habite - avec sa mère et ses deux frères - en France à Pardaillan près de Duras, où son père possédait une vieille maison de famille. C'est de là que viendra son nom de plume.
Marie essaie la viticulture, mais en 1922 ils retournent au Vietnam où elle a acheté une propriété. Pendant une dizaine d'années elle essaie de survivre sur un domaine inondé chaque année par le Mekong. Marie y laissera tout son argent. Elle est obligée de donner des leçons de français et jouer du piano dans un cinéma pour payer l'éducation de ses enfants. Entre-temps elle n'a que peu de temps à leur consacrer, excepté à l'aîné, son préféré. Marguerite et le plus jeune frère vivent librement et jouent avec leurs copains Annamites dans le jungle et les marais du Mékong.
A l'âge de 18 ans, Marguerite retourne en France. Elle veut déjà devenir écrivain mais, forcée par sa mère, elle étudiera le droit et les sciences politiques à la Sorbonne. Après l'obtention de son diplôme elle travaillera au Ministère des Affaires Coloniales. En 1939 elle se marie avec le poète Robert Antelme et elle commence à travailler pour une maison d'édition. Leur premier enfant, un garçon, meurt à la naissance en 1942. La même année elle fait la connaissance de Dionys Mascolo qui devient son amant.
Son premier roman Les Impudents paraît en 1943 suivi un an plus tard par La vie tranquille. Marguerite et Robert Antelme deviennent membre de la Résistance. Quand leur groupe tombe dans un guet-apens, Marguerite réussit à se sauver aidée par Jacques Morland (i.e. François Mitterand) mais Antelme est arrêté et envoyé dans un camp le 1 juin 1944. Marguerite adhère au Parti Communiste et se montre une vraie militante. Pendant ce temps elle n'arrête pas de chercher où se trouve son mari. Après la fin de la guerre ce sera François Mitterand qui le retrouve dans le camp de Dachau et qui arrange son retour à Paris. Marguerite, qui avait déjà l'intention de quitter son époux, reste encore jusqu'à l'année suivante pour le soigner. Ensuite elle ira vivre avec Dionys Mascolo et leur fils, Jean Mascolo - son unique enfant - est né en 1947.
Elle commence à se détacher du Parti Communiste et envoie sa lettre de démission après le Printemps de Prague en 1950. La même année, après la perte du Vietnam comme colonie française, sa mère retourne en France. Grâce au Collège pour Filles qu'elle avait créé à Saigon, sa situation financière s'est améliorée et elle achète un petit château délabré. Ici elle commence un projet d'élevage de poulets, qui échouera par manque de connaissance.
Marguerite recommence d'écrire. Elle habite avec Mascolo ce qui ne l'empêche pas, pendant les années 1955-1965, d'avoir une série d'amants, dont Gérard Jarlot, journaliste, auteur et scénariste. Pendant cette relation elle se met à boire.
Au milieu des années cinquante la structure de l'histoire disparaît plus ou moins de son uvre et elle commence à expérimenter avec la forme sous l'influence du nouveau roman.
Quand sa mère décède la plus grande partie de l'héritage revient à son frère aîné (l'autre frère est décédé pendant la guerre), qui se dépêchera de tout perdre au jeu.
Avec les droits de Barrage contre le Pacifique Marguerite achète une maison à Neauphle-le-Château, mais elle garde son appartement à Paris. En 1959, Alain Resnais réalise le film controversable Hiroshima mon amour, basé sur un script et des dialogues de Marguerite Duras. C'est le premier film auquel elle participe.
Sa relation avec Jarlot se termine et Marguerite se sent de plus en plus seule. En 1963 elle achète un autre appartement à Trouville dans la résidence des Roches Noires.
Mai 1968 fait d'elle une féministe, mais bientôt elle s'insurge contre l'idée trop simpliste de certaines féministes que les hommes ne comptent plus. Sa façon d'écrire change et devient plus difficile à suivre. Ses livres vendent moins bien et elle devient plus agressive avec les gens qui ne chantent pas ses louanges. Finalement elle a une sorte de cour autour d'elle. Les critiques deviennent plus violentes et elle aussi dans ses réponses. Elle veut tout contrôler, pas uniquement quand elle écrit, mais elle veut réaliser ses propres films, mettre en scène ses pièces de théâtre et elle participe à des débats publiques où elle se défend très bien. Elle est accusée de gauchisme et on critique sa vie bourgeoise relativement luxueuse. Elle achète des studios et des chambres pour louer afin d'éviter de tomber dans la même pauvreté que sa mère a connue. Ses livres vendent surtout bien en dehors de la France et elle accepte avec une certaine vanité qu'on l'appelle meilleur auteur français et meilleur cinéaste. Elle écrit plus de pièces de théâtre et à partir de 1972 surtout des scénarios de film.
Finalement elle devient très isolée à Neauphle-le-Château et elle recommence à boire et à utiliser trop de médicaments, ce qui rend son caractère encore plus âcre et désagréable. Sa façon d'écrire devient plus indifférent, moins précis dans la forme.
Son dernier compagnon sera Yann Lemée, un homosexuel de 27 ans qui lui a écrit plusieurs lettres et qu'elle invite à Trouville. Elle change son nom en Yann Andréa et il lui reste dévoué jusqu'à la fin. Malheureusement il boit autant qu'elle et leur couple suscite aussi bien l'envie de rire que du dégoût.
Les années 80 avec François Mitterand au pouvoir sont aussi des années de triomphe pour Marguerite Duras et elle est l'invitée de plusieurs shows à la télévision. 1982 sera une année difficile quand elle doit subir une cure de désintoxication. Par après elle ne boit plus et travaille un maximum pour tenir le coup. En 1984 elle écrit L'amant, basé sur sa jeunesse au Vietnam. Ce roman lui vaudra un prix Goncourt et sera filmé.
En 1988 elle est retombée en alcoolisme et doit de nouveau suivre une cure. Fin de cette même année elle doit être hospitalisée et reste dans le coma pendant plusieurs mois. Contre toute attente elle se remet et elle reste optimiste, bien que régulièrement elle a besoin d'aide respiratoire suite à un emphysème.
En 1994 apparaissent les premières symptômes de déclin et on parle même d'Alzheimer. Les visiteurs sont refusés exceptés les fidèles comme son fils, Yan Andrea, Dionys Mascolo et ses deux soignantes. Elle ne sait plus écrire et meurt le 3/3/1996.
Pour certains Marguerite Duras était l'enfant terrible de la littérature française, pour d'autres ses romans sont répétitifs et ennuyeux. Ses premiers livres sont surtout autobiographiques et écrits sous l'influence du néoréalisme américain et l'existentialisme français. Les thèmes sont l'isolement, l'impuissance de communiquer avec les autres, l'ennui, les comportements névrotiques et la recherche de sa propre identité. Ses personnages clé sont majoritairement des femmes.
A part une quarantaine de livres, de pièces de théâtre et de scénarios elle a écrit des articles et des lettres pour des journaux et des magazines et elle a participé à des débats à la radio et à la télévision.
Elza Daix
Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:
Mot clé: Duras Marguerite
Adler, Laure
Marguerite Duras : biografie
Breda: De Geus, 1999. - 639 p.: ill.
ISBN 905-226688-3
Exemplaarnr.: T/0546
*ill. n° 14 (entre p. 320-321)
Vircondelet, Alain
Mascolo, Jean (photogr.)
Marguerite Duras : vérité et légendes
[s.l.]: Éditions du Chêne, 1997. - 186 p.: ill.
Exemplaarnr.: T/0652
Personages als schimmen en stemmen zonder lichaam
In: DE MORGEN; (04/03/1996)
Marguerite Duras
In: THE INDEPENDENT; (04/03/1996)
Marguerite Duras a quitté l'endroit de la passion
In: LE MONDE; (05/03/1996)
Le décès de Marguerite Duras à l'âge de 81 ans. Ecrire,
disait-elle...
In: LE SOIR; (04/03/1996)
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