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Femmes remarquables... Isadora Duncan

duncan Isadora Duncan est le quatrième enfant de Mary Dora Gray, descendante d'Irlandais pauvres émigrés vers la Californie en 1848 et de Charles Duncan, un Ecossais venu en Amérique pour faire fortune. Chaque fois que Charles avait un peu d'argent, il jouait sur la Bourse, avec un succès variable. Pendant une de ses périodes 'riches', il est invité chez William C Ralston où il rencontre Mary, la professeur de musique de sa fille. Il sont à peine mariés quand il a de nouveau tout perdu et Mary donne des cours de piano pour subvenir aux besoins de sa famille grandissante: Elisabeth est née en 1871, Augustin deux ans plus tard, puis encore deux ans plus tard Raymond, et finalement Isadora le 26/5/1877. Charles néglige de plus en plus sa famille. Le couple divorce, peu après la naissance d'Isadora. Charles épouse une riche héritière et déménage de San Francisco vers Los Angeles.

* ill.

Les enfants sont éduqués par leur mère de façon très libre, sans discipline, sans religion, avec un mépris total pour la richesse, mais avec une grande envie d'aventure et une vénération pour l'art, la beauté et surtout une vue idéaliste de l'ancien Grèce et de sa culture. A cause de leur pauvreté ils doivent souvent changer d'adresse (chaque fois qu'ils ne savent pas payer le loyer).
A la maison, les soirées sont occupées par la musique et la lecture à haute voix, et très jeune encore, Isadora commence à danser. Elle est aussi une bonne pédagogue parce qu'à l'age de dix ans elle apprend la danse à d'autres filles, contre paiement ! Quand elle a douze ans Elisabeth doit venir en aide à cause du succès de ses cours. Une période d'apprentissage de courte durée dans une école de danse est une catastrophe pour Isadora, parce que la discipline imposée est diamétralement opposée à son idée de l'art de la danse.
Isadora quitte l'école et s'habille en adulte pour donner l'impression d'être plus âgée. Entre-temps Augustin écrit des pièces de théâtre, jouées par les quatre enfants. Quand leur living devient trop petit pour contenir les spectateurs, ils louent un hangar où ils présentent un programme composé de poésie, de musique et de danse. Finalement ils deviennent des vrais professionnels et font une tournée le long de la côte ouest. En 1895 la famille déménage à New York. Après beaucoup de déceptions, Isadora a enfin la possibilité de faire partie d'un groupe de comédiens, mais comme mime. Elle a une romance de courte durée avec un pianiste polonais qui s'avère marié, et la tournée de deux mois se termine par un débâcle financier.

Raymond est devenu journaliste, Augustin est acteur et Elisabeth donne des cours de danse. Isadora s'entraîne à la maison dans l'art de la danse, accompagnée par sa mère au piano. Après une représentation au Carnegie Hall, on leur offre surtout des représentations privées chez des dames aisées, telles que Mrs. Astor, Mrs. Vanderbilt et autres, où elle danse, accompagnée de poésie d'Omar Kayyam, déclamée par Elisabeth et Augustin.
Ils rêvent d'Europe et partent pour Londres, sans Augustin qui s'est marié. Quand ils n'ont plus d'argent, Elisabeth retourne à New York pour commencer une école de danse lui permettant d'envoyer de l'argent à sa famille. Mary, Raymond et Isadora louent une petite maison, où ils sont 'découverts' par hasard par une actrice connue pendant qu'ils dansent sur le gazon. De nouveau ils sont invités à donner des représentations privées où ils rencontrent des artistes connus tels que Charles Hallé, Burne-Jones et Whistler. Ils sont même présentés au prince de Galles, le futur roi Edouard VII.
Au printemps 1900 ils décident de tenter leur fortune à Paris, et de nouveau ils sont surtout appréciés dans le milieu artistique et intellectuel, avec leur programme faisant revivre la danse grecque antique.

Isadora a enfin un imprésario, qui l'envoie à Berlin et Budapest où elle a du succès, en avril 1902. Elle commence une relation avec un acteur, puis elle part pour une tournée en Bohème. La fin de sa relation la plonge dans une dépression et elle part se reposer à la côte Adriatique, invitée à loger dans la villa du roi de Bulgarie.

Raymond rejoint sa famille, et à sa demande ils partent pour l'idéal de leur jeunesse : la Grèce. Même Augustin vient, complétant le clan Duncan. Ils ont décidés de voyager comme au temps d'Ulysse, en bateau et en charrette avec cheval. Leur voyage ne se passe pas inaperçu, parce qu'ils sont tous habillés comme les Grecs antiques.
Pas loin d'Athènes ils achètent le mont Kopamos et commencent à construire un temple en honneur de Terpsichore, muse de la danse.
Par manque d'argent le projet ne peut pas être terminé, et ils sont obligés de retourner vers le monde 'normal' et les contrats. Isadora a décidé de faire revivre l'esprit de la tragédie grecque et ramène dix jeunes choristes et leur accompagnateur. Ils chanteront de la musique Byzantine lors d'une représentation des Suppliants d'Aeschylos. Le spectacle est un succès mais les choristes deviennent vite invivables, en plus leurs voix muent et ils sont renvoyés à Athènes.

Après Bayreuth, Isadora se rend à Saint Petersbourg où elle connaît un triomphe. Elle rencontre Pavlova, et Diaghilev lui conseille de commencer une école de danse pour enseigner sont art. Après Moscou et Kiev elle retourne en Allemagne, loue une villa et fonde son école de danse avec l'aide de sa mère et Elisabeth. Quarante élèves, issues de famille pauvres, y trouvent une place, et sont nourries et logées gratuitement.

Isadora fait la connaissance d'Edward Gordon Craig, un égocentrique, acteur et créateur de décors. Ils commencent ouvertement une relation passionnelle, causant un tel scandale que les dames riches refusent de donner encore de l'argent pour son école. Pour défendre son point de vue, Isadora donne une conférence sur la danse, art de libération, mais termine avec une attaque contre le mariage. Le public est choqué, ainsi que sa mère qui retourne à San Francisco.
Isadora, enceinte, décide de faire d'abord une tournée au Danemark et en Suède, accompagnée de son amant, avant de se reposer à Noordwijk aan Zee (Hollande) où sa fille, Deirdre, est née.

Fin 1907 elle retourne en Russie avec 20 Isadorettes, mais le résultat est décevant. Elle décide de faire une tournée de six mois aux Etats Unis. Les salles restent désespérément vides, donc Isadora loue un studio à new York pour donner un spectacle exclusif pour des auteurs et autres artistes. Puis elle continue quand même sa tournée à Boston, Chicago et Philadelphie.

En mai 1909 elle se produit à Paris avec ses 20 Isadorettes, heureusement avec succès, parce que sa situation financière est encore une fois désespérée. Elle accepte la villa à la côte d'Azur, lui proposée par le riche Paris Singer, pour établir son école de danse. Singer veut l'épouser mais elle est toujours hostile à l'idée de mariage. Elle part de nouveau en Russie, puis, avec Singer dont elle attend un enfant, aux Etats Unis, où elle est accusée de communisme et de provocation. Après un voyage sur le Nil, le couple retourne en France où leur fils, Patrick, est né.

A Paris, Singer achète une maison à Neuilly-sur-Seine pour son école de danse, et en plus, elle a un atelier où des gens connus, comme Jean Cocteau, le violoniste Isaye et le peintre Van Dongen, viennent voir son spectacle. Isadora est devenue la maîtresse du pianiste André Caplet, mais quand, en novembre 1912, elle est pris en flagrant délit dans les bras de Henry Bataille, Singer termine leur relation.
En avril 1913 Isadora et Singer se rencontrent de nouveau. Le 18 avril ils déjeunent ensembles, avec les enfants. Par après les enfants retournent à la maison à Versailles, mais, suite à un bête accident, la voiture tombe dans la Seine, et les enfants se noient.

C'est une douleur insupportable et le début d'une spirale négative pour Isadora. Raymond, Augustin et Elisabeth l'accompagnent à Corfou où ils établissent une filature pour permettre aux femmes pauvres de gagner de l'argent. Puis Isadora continue son voyage, en Italie, où elle loge chez Eleonore Duse à Viareggio. Quand elle revient à Paris elle est enceinte, le père étant un Italien inconnu. Entre-temps Singer a acheté l'hôtel Bellevue à Meudon pour son école, et les élèves font un spectacle réussi au Trocadéro en juin 1914.
Le 2/8/1914 Isadora accouche d'un garçon mort-né.

La maison à Meudon est convertie en hôpital militaire et les élèves sont envoyées en Angleterre. Isadora et une amie, Mary Desti, vont soigner des malades au casino de Deauville où elle commence une relation avec un médecin.
L'Angleterre entrant en guerre aussi, Singer envoie les élèves à New York, et, en mars 1915, Isadora les y rejoint. Sa représentation d'Œdipe est un débâcle artistique et financier : l'Amérique du jazz et du fox-trot ne s'intéresse guère à ce genre d'art et, en plus, sa tenue (elle est habillée dans quelques mètres d'étoffe transparente) choque les puritains.

Après un voyage à travers la Suisse et l'Italie, Isadora fait une tournée en Amérique Latine. Le voyage de retour lui donne l'occasion de visiter, une dernière fois, sa mère, aigrie et seule, à San Francisco.
Après une nième dispute avec Singer, elle se retrouve sans le sou, d'abord à Londres, puis à Paris. Son apparence physique est changée fondamentalement, pas uniquement à cause de l'âge, mais aussi à cause de sa façon de vivre : elle boit, sort jusqu'au petit matin et a des relations à tire-larigot, surtout avec des hommes beaucoup plus jeunes.

En 1919 elle fait la connaissance de Walter Rummel et, après la vente de sa maison à Paris et l'achat d'une autre, elle fait venir les élèves et, ensembles, ils partent pour la Grèce. Sur le Mont Kopamos elle retrouve les fondements du temple et elle décide de terminer le bâtiment, mais cette fois-ci comme maison. Rummel la quitte avec une élève, et elle retourne à Paris où elle reçoit une invitation pour Moscou. Le gouvernement soviétique met à sa disposition le Palais Balasjova pour une école, mais ne donne pas de subsides. Elle rencontre le poète soviétique Sergej Alexandrovitsch Jesenin, vingt ans plus jeune qu'elle, et l'épouse pour lui donner la possibilité de quitter la Russie.
Isadora grossit, ce qui ne l'empêche pas de donner des représentations à Berlin, Londres, New York, Boston et Chicago. Sergej, malheureux et ivrogne, devient de plus en plus violent. Quand ils vont aux Etats Unis on les traite comme des agents bolcheviques et ils doivent passer par Ellis Island, comme n'importe quel autre immigrant. C'est vexant pour Isadora, mais en même temps cela fait de la publicité…
Isadora termine une représentation avec un discours en faveur de la Russie ce qui est considéré comme provocant dans une Amérique très isolationniste. En plus, Sergej et elle boivent visiblement trop, et cela pendant la prohibition, et la tenue transparente d'Isadora les rend indésirables à Boston, bastion du puritanisme. La tournée se termine en catastrophe quand, lors de la dernière représentation, Isadora fait involontairement une parodie de son art de la danse, à moitié droguée par l'éther avec lequel on avait allongé sa boisson. Financièrement le couple est en mauvais état quand ils retournent à Paris. Sergej devient si violent qu'on doit l'interner, puis il est expulsé de la France. Il part, seul, à Berlin et on parle de divorce. Après quelques semaines Isadora va le rejoindre et réussit à le faire revenir avec elle à Paris. Après une tentative de suicide il est interné à la clinique de Saint Mandé, mais, une fois sorti, il recommence à boire et à tout démolir.

Le 3/9/1923 ils partent pour Moscou, où Sergej va rester pendant qu'Isadora continue vers le Caucase et la Géorgie. De retour à Moscou elle découvre que Sergej vit avec une autre femme, tout en ayant d'autres maîtresses.
Isadora retourne seule à Berlin, sans argent. Elisabeth, qui y gère toujours l'école de danse, refuse de l'aider, mais Augustin lui promet une rente mensuelle à partir de New York, où il vit. Elle retourne à Paris où elle apprend, le 20/10/1924, que Sergej s'est suicidé.
Ruth Mitchell, une amie riche, arrive de New York et, ensembles, elle se rendent à la côte d'Azur où elle loue un studio. Ici Isadora donne de nouveau des représentations (payantes évidemment) pour un cercle d'amis artistes, comme Jean Cocteau, Picasso et Marie Laurencin, et elle commence une relation avec son pianiste Russe, Victor Serov. Avec eux elle fait la tournée des cafés et elle a des relations avec pleins d'inconnus.
Quand Mary Desti la rencontre de nouveau, elle est choquée par son apparence : vieillie, grossie et un visage bouffie par la boisson. Elle réussit à lui faire suivre un régime et lui donne un cadeau superbe : un châle en soie rouge, peint par l'artiste Roma Chatov.

Isadora décide d'écrire ses mémoires et reçoit une avance. Elle paie quelques dettes pressantes et avec le reste elle donne des fêtes. Finalement, Mary demande de l'aide à Singer qui promet de faire le nécessaire. Un soir, lors d'une sortie, Isadora tombe amoureuse d'un jeune vendeur de Bugatti et elle réussit à faire sa connaissance. Le soir du 14/9/1927 il vient la chercher dans une décapotable. Elle se drape dans son châle rouge, mais en roulant celui-ci s'accroche dans la roue arrière et Isadora est étranglée.

Isadora Duncan avait créé un art innovateur de la danse qui plaisait surtout à des artistes et des intellectuels en Europe, mais qui choquait ses compatriotes Américains. Dépendant des sources elle était une mère anéantie, une Passionaria, une révolutionnaire, une féministe, une cause de scandales ou une reine de l'extravagance. Financièrement elle connaissait des hauts et des bas, mais ce qui est certain c'est qu'elle a vécu pleinement selon sa devise : 'Vivre sans limites'.

Composition

Elza Daix
17/08/2005

Source:

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Mot clé: Duncan Isadora

Lever, Maurice
Isadora Duncan, een vrouw . - Antwerpen : Manteau ; Breda : De Geus, 1994. - 397 p.
Met lit. opg.
Oorspr. titel : Isadora
ISBN 90-223-1324-7

Zonneveld, Loek
Groeneprofiel : Isadora Duncan 'Een dans van blijde lijnen' . -
In: DE GROENE AMSTERDAMMER; volume 112 nr 30 (27 jul 1988)

Van Es, Paula
Isadora Duncan wereldvormster met slechte reputatie.
In: OPZIJ; (juli/aug 1980), p. 56-60

Marmin, Olivier
Isadora Duncan.
In: LUNES; nr 16 (07 2001), p. 41-48

Mot clé : vrouwengeschiedenis

Montreynaud, Florence
Le XXe siècle des femmes
Parsi : Editions Nathan, 1989. - 731 p.:ill.
* ill. p. 79

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