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Femmes remarquables... Madame de Staël

Anne-Louise Germaine Necker est née à Paris le 22 avril 1766 de parents suisses protestants. Son père, Jacques Necker, banquier suisse, sera nommé ministre de finances du roi Louis XVI en 1777. Sa mère, Suzanne Curchod, tient un salon où on peut rencontrer des intellectuels tels que Buffon, Marmontel, Diderot, Grimm et autres. Germaine est éduquée dans un environnement protestant, influencé par le Rousseauisme. Très jeune elle apprend le latin et l'anglais, mais aussi la musique, la danse, la récitation et la diction. A quatorze ans elle tient son propre cercle, mais elle sait aussi tenir une conversation avec les hôtes du salon de sa mère, qu'elle surprend avec la vivacité de son esprit.

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La famille côtoie l'aristocratie et les philosophes éclairés, mais ses parents ne veulent pas un gendre catholique. Le choix est donc assez restreint et finalement elle épouse, en 1786, le baron Erik de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède, et considérablement plus âgé qu'elle. Ils auront une fille, Gustavine, morte à deux ans. Le mariage n'est pas heureux, et Madame de Staël cherchera le bonheur ailleurs. Elle ouvre son propre salon où on peut rencontrer La Fayette, Clermont-Tonnerre, Condorcet et Talleyrand. Germaine de Staël supporte l'idée de Rousseau que la passion fait partie du naturel des humains et que de s'y abandonner ne veut pas dire qu'on perd sa vertu.
Probablement que Charles-Maurice de Talleyrand, évêque d'Autun, est son premier amant. En 1788 elle rencontre le comte Louis de Narbonne. Leur relation dure jusqu'en 1793 et elle aura deux fils avec lui.

Marquée par la philosophie des Lumières, Germaine de Staël accueille favorablement la Révolution et assiste à l'ouverture des Etats Généraux le 5 mai 1789. Connue comme défenseur d'une monarchie constitutionnelle, sa situation devient difficile et même dangereuse à partir de 1792. Elle s'enfuit en Suisse, au château familial de Coppet, pour échapper aux massacres de septembre. En 1793 elle se réfugie en Angleterre avec des amis qui fréquentaient son salon. Elle a une brève relation avec le comte Adolphe-Louis Ribbing, un des conjurés qui avaient assassiné le roi Gustave III de Suède-Finlande. Politiquement Germaine de Staël adhère aux idées de son père qui est un libéral modéré. Le résultat est qu'elle est regardée avec méfiance, aussi bien par les Jacobins que par les aristocrats émigrés.
Commentaire de Germaine de Staël : " Dans les monarchies les femmes doivent craindre le ridicule, dans la république, la haine ".
Revenue en France après la fin du Terreur (mort de Robespierre en Thermidor 1794), elle écrit Les Réflexions sur le procès de la Reine, dans lesquelles elle défend la Reine, accusée de tous les maux. En même temps elle reflète ses idées sur les misères des femmes en général.

En 1795 elle commence une relation avec Benjamin Constant de Rebecque qui durera pendant 15 ans et sa fille, Albertine, est probablement de lui. Sous son influence elle s'intéresse à l'œuvre des frères August et Friedrich Schlegel. Germaine de Staël publie plusieurs essais politiques et littéraires, comme par exemple De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations (1796).

En 1797 elle se sépare officiellement de son mari, qui est rappelé en Suède en 1799, où il meurt en 1802.

Le 3 janvier 1798, présentée par Talleyrand, elle rencontre le général Napoléon Bonaparte qu'elle considère comme celui qui fera triompher l'idéal de la Révolution. Elle l'admire, mais lui se méfie de Madame de Staël et de ses idées. Bientôt Madame de Staël doit changer son opinion, mais elle refuse de se taire. Quand Napoléon devient le premier Consul de France, Benjamin Constant joint l'opposition. Il est membre du Tribunat et fait des discours que Napoléon soupçonne avoir été écrits par Madame de Staël… (pas très flattant pour Constant qui est écrivain aussi).
Germaine de Staël écrit des romans, inspirés de la politique, qui lui vaudront la célébrité, mais aussi l'exil de Paris. La publication de Delphine en 1802, dans laquelle elle dit ouvertement que la Révolution a fait régresser la condition féminine, lui donne un immense succès en Europe mais lui attire en même temps les foudres de l'Empereur. Elle ne peut plus s'approcher de plus que 40 lieues de Paris et s'installe dans le château familial de Coppet, près du lac de Genève, accompagnée de Benjamin Constant. Leur liaison est très houleuse, deux personnes qui ne savent pas vivre ensemble mais pas séparé de l'autre non plus.

Fin 1803, début 1804, les deux partent en voyage en Allemagne. Madame de Staël apprend l'allemand et rencontre des artistes comme Schiller et Goethe (qui essaient de l'éviter parce qu'elle parle trop et qu'ils la trouvent trop bourgeoise). Apprenant la maladie et puis la mort de son père, elle retourne à Coppet en avril, étant son héritière unique. Fin de cette année elle voyage en Italie en compagnie de Schlegel et Sigismundi, rassemblant le matériel pour son roman le plus célèbre, Corinne, publié en 1807. En 1808 sa relation avec Constant est finie et il épouse Charlotte von Hardenberg.
Après un nouveau voyage en Allemagne, elle écrit De l'Allemagne, représentant les Allemands comme musicaux et romantiques, et plus intéressés dans des idées que dans des actions. Ce livre est imprimé en 1810, mais, saisi par Napoléon, il ne paraît en France qu'en 1814. Elle est désormais espionnée par la sécurité et interdite de publication. Même ses visiteurs sont punis avec l'exil, comme par exemple Madame Récamier et Mathieu de Montmorency.

Comme elle a acheté des terres en Amérique elle pense même un moment de partir s'y installer.
Finalement, en 1812, Madame de Staël s'enfuie de l'Europe Napoléonienne, accompagnée de ses deux enfants encore en vie (Albert et Albertine) et de M. de Rocca, un jeune officier suisse deux fois plus jeune qu'elle (elle l'a épousé en secret en 1811 et ils auront un fils retardé). Pour atteindre l'Angleterre ils sont obligés de passer par la Russie. Puis elle trouve refuge à Stockholm auprès de Bernadotte, devenu prince héritier du trône de Suède. Ici elle devient l'inspiratrice d'une alliance anti-napoléonienne. En 1813 elle arrive enfin en Angleterre. A Londres elle rencontre le futur Louis XVIII qu'elle espère voir établir la monarchie constitutionnelle dont elle a rêvée, mais sans beaucoup d'illusions. Après l'exil de Napoléon en 1814, elle retourne en France et s'installe de nouveau à Paris où elle reçoit des rois, des ministres et des généraux.

Après la défaite de Napoléon à Waterloo elle voyage en Italie, pour sa santé et celle de son mari qui souffre de phtisie. Sa fille épouse le duc Victor de Broglie en 1816. Toute la famille retourne à Coppet, mais elle veut passer l'hiver de 1816-1817 à Paris.
Elle y meurt le 14 juillet 1817 après une attaque d'apoplexie et son mari décède six mois plus tard.

Germaine de Staël n'est pas uniquement un auteur très célèbre à son époque, elle est aussi une vraie figure politique. D'abord une admiratrice de Napoléon, elle devient une activiste redoutable de l'opposition. En littérature elle invente le romantisme, mais en même temps elle est féministe parce que dans ses romans elle accuse les contraintes sociales dont les femmes souffrent.
Très vite après sa mort elle n'est presque plus lue. On critique son style trop sentimental et ses idées comme superflues et manquant d'originalité.
Pourtant, quand on regarde sa vie maintenant, on trouve une femme très moderne, voyageant à travers l'Europe, écrivant des romans féministes tels que Corinne et Delphine, indépendante, passionnée par des idées de liberté et considérée comme une adversaire dangereuse par Napoléon Bonaparte.

Composition

Elza Daix
28/03/2007

Source:

Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:

Mot clé: Madame de Staël

Marso, Lori Jo
Feminist thinkers and the demands of femininity: the lives and work
of intellectual women. - New York : Routledge, 2006
Exemplaarnr. FII p/0432

De Ayala, Roselyne
Guéno, Jean-Pierre
Les plus beaux manuscrits des femmes. - Paris : Editions de La Martinière, 2004
Exemplaarnr. GIV2a/0468
* ill. p. 82

Guichardet, Jeannine
Sebillotte, Laurent
Germaine de Staël, l'Européenne : visages successif d'une femme
In: LUNES; nr 03 (april 1998), p. 38-48

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