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Femmes remarquables... Christine de Pisan

depisan Christine de Pisan (ou de Pizan), née à Venise en 1364, est le premier enfant de Tommasso di Benvenuto da Pizzano et de la fille du docteur en médecine, Tomasso Mondini.
Son père, astrologue et médecin, a fait ses études à l'université prestigieuse de Bologna et travaille au service de la République de Venise. Manifestement sa réputation dépasse les frontières parce qu'aussi bien Louis I d'Hongrie que Charles V de France l'invitent à leur cour. Il opte pour la France et part, seul, pour un an. Le roi insiste pour qu'il s'installe définitivement à Paris, et après trois ans d'hésitation Tommasso fait venir sa famille. Christine, qui a plus ou moins quatre ans, se rappellera toute sa vie l'accueil chaleureux de Charles V au Louvre.

* ill.

Après Christine la famille se complète avec deux garçons, et bien qu'elle ne reçoit pas la même éducation, elle profite aussi des cours donnés à ses frères par leur père. En plus elle a une liberté totale de lire tout ce qu'elle veut. Sa mère insiste pour qu'elle apprenne des occupations plus 'féminines' telles que filer et broder.

Le 16 septembre 1380 le roi Charles V meurt à l'âge de 44 ans dans son château de Beauté-sur-Marne, en présence de Tommasso di Pizzano et un autre médecin, Gervais Chrétien. A cette date Christine est déjà mariée depuis un an avec Etienne de Castel, son aînée de dix ans, fils d'un valet de chambre du roi et lui-même notaire et secrétaire royal. Le mariage semble avoir été heureux.
Après ce décès, la vie de Tommasso di Pizzano et sa famille devient plus difficile suite à la disparition du patronage royal. Le nouveau roi, Charles VI, est très différent de son père du point de vue culturel, et en plus, à cause de problèmes d'argent, il est obligé de diminuer son mécénat.

En 1389 Tommasso meurt et, la même année Etienne de Castel décède aussi, lors d'un déplacement en compagnie du roi, donc loin de la maison.
A l'âge de 25 ans Christine reste seule, une veuve éplorée avec la charge d'un grand ménage : trois enfants en bas âge, sa mère, ses deux frères et une nièce. L'héritage n'est pas grand et en plus il y a des dettes à payer. Pendant quinze ans Christine sera en procès pour faire valoir ses droits, et ses 'défenseurs' profiteront du fait qu'elle soit une femme et donc relativement ignorante de ses droits.

Pour gagner de l'argent elle commence à écrire, d'abord surtout du lyrisme, inspiré partiellement de son expérience et partiellement de la tradition courtoise qu'elle connaît bien, ayant passé la plus grande partie de sa vie à la cour royale française. Elle profite de son accès à la bibliothèque royale pour étudier l'histoire - surtout antique et biblique, mais aussi l'histoire de la France et de l'Angleterre - la mythologie et la philosophie. Elle lit en Français, Italien et probablement aussi en Latin.
A partir d'environ 1400 elle produit un œuvre nouveau, basé sur ses études, qu'on appellerait maintenant une littérature scientifique vulgarisée. Les sujets sont historiques, mais elle défend aussi les droits des femmes, comme on peut se rendre compte avec la polémique autour du célèbre 'Roman de la Rose'. Cette œuvre, inachevée jusqu'alors, était terminée par Jean de Meung, en vers, mais dans un langage assez grossier selon Christine et en plus avec un contenu anti-femme. Sa réaction cause une polémique entre partisans et opposants dans laquelle on met le jugement de Christine en doute parce qu'elle n'est qu'une femme qui, en plus, ose attaquer le travail d'un homme de science de l'université de Paris.
Elle-même réécrit des tranches d'histoire d'un point de vue féminin avec des héroïnes telles que la reine Penthesileia (guerre de Troie), Médéa (ici représentée comme une femme sage avec des connaissances de magie), ainsi que des figures bibliques telles que Esther et Judith.
Son œuvre complet contient tous les genres de la littérature médiévale : poésie, lyrisme, prose, allégorie, révélation mystique, histoire, biographie et autobiographie.
Son livre le plus connu est probablement 'La Cité des Dames, dans lequel elle exprime ses idées sous le couvert de l'allégorie.

Comme c'est l'habitude à l'époque, elle dépend de mécénat et elle écrit pour des personnes importantes : Charles VI et sa femme Isabelle de Bavière, Philippe et Jean de Bourgogne, Louis d'Orléans et Jean du Berry.
Grâce à la traduction d'une partie de son œuvre, elle est connue jusqu'en Angleterre. Pendant un certain temps son fils aîné, Jean Castel, demeure en Angleterre au service du Comte de Salisbury, Sir John de Montague. Quand celui-ci est décapité, après la destitution de Richard II, le nouveau roi Henry IV invite le garçon de 13 ans à sa cour. Dans le but d'obliger Christine à venir aussi, il refuse de le laisser partir. Pour faire rentrer le garçon elle recourt à une ruse : elle demande au roi d'Angleterre d'envoyer Jean à la maison pour venir la chercher. En bonne royaliste elle ne quittera jamais la France, même pas quand le roi n'est pas digne de sa fonction, souffrant parfois d'accès de folie, et que les Anglais semblent avoir plus de succès dans la Guerre de Cent Ans.

En 1418, quand la vie à Paris devient dangereuse à cause de la querelle entre les Armagnacs et les Bourguignons, Christine se retire dans l'abbaye de Poissy, où sa fille Maria est religieuse. Elle écrit moins et sa dernière poésie traite de Jeanne d'Arc. Elle meurt en 1430 mais son œuvre reste très connu pendant un siècle. Durant sa vie ses écrits étaient copiés en lettres gothiques, souvent enluminés par des miniatures et reliés en velours. Il ne faut pas oublier qu'autrefois un propriétaire, fier de sa bibliothèque bien garnie, possédait peut-être 12 livres, mais alors des vrais chef-d'œuvres….
Vue sa renommée, même après sa mort, certains des livres de Christine de Pisan seront imprimés.

Christine de Pisan, bien que partisane des droits des femmes, n'est pas une féministe avant la lettre : elle propage l'idée d'une éducation égale pour les filles et les garçons, mais en même temps elle voit le seul destin valable d'une femme dans le mariage et la dépendance d'un homme. Son propre mariage heureux l'a sans doute confirmée dans cette conviction.

Composition

Elza Daix
17/05/2005

Source:

Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:

Mot clé: de Pisan

Pernoud, Régine
Christine de Pisan
Baarn: de Prom, 1997. - 193 p.

Finke, Laurie A.
Women's writing in English : medieval England
London: Longman, 1999. - 251 p.

Boldingh-Goemans, W. L.
Christine de Pizan : haar tijd - haar leven - haar werken
Rotterdam; 's-Gravenhage : Nijgh | Van Ditmar, 1948. - 299 p.: ill.
Met lit. opg
* ill. (entre p. 68-69)

Hogetoorn, Corry
Christine de Pisan over geschiedenis, vorsten en vrouwen
In: DINAMIEK; volume 13 nr 01 (1996), p. 5-17

Blanksma, Titia (e.a.)
Interview met Albertine Ponfoort, vertaalster van het werk van Christine de Pizan
In: DINAMIEK; volume 13 nr 01 (1996), p. 18-24

Snijdelaar, Tosca
Christine de Pisan : invloedrijk en veel gelezen in de middeleeuwse mannenmaatschappij
In: FURORE; volume 09 (10 1991), p. 34-37

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