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Femmes remarquables... Olympe de Gouges

Jean-Jacques Le Franc de Caix, futur marquis de Pompignan, n'a que 5 ans quand il figure comme parrain pour Anne-Olympe Mouisset, fille d'un bourgeois cossu à Montauban, enrichi par l'industrie drapière. Très jeune il tombe amoureux de sa filleule et est envoyé à Paris par ses parents pour l'oublier. Quand il revient dans le pays Anne-Olympe est mariée avec Pierre Gouze, un boucher, et mère de famille.

* ill.

Jean-Jeacques s'établit à Montauban en 1747 à la présidence de la Cour d'Assises. Marie Gouze est née le 7/5/1748. La paternité de Jean-Jacques n'a jamais été établie, mais elle était de notoriété publique. Quand Pierre Gouze meurt le 29/8/1750, Jean-jacques Le Franc essaie d'obtenir la garde de Marie, mais sa mère refuse et épouse Dominique-Raymond Cassaigneau en 1753. Dépité Jean-Jacques Le Franc se retire dans sa terre de Pompignan et 4 ans plus tard il épouse une riche veuve, Marie-Antoinette de Caulaincourt. Il coupe tout contact avec Anne-Olympe et Marie.

L'éducation de Marie est sommaire, mais elle apprend les rudiments de l'écriture à un moment ou 13 sur 20 filles de sa paroisse sont illettrées. Sa première langue est l'occitan, le français n'étant que sa deuxième. L'occitan est une culture orale, c'est le français qui est la langue de l'écriture, ce qui lui causera de grands problèmes plus tard quand elle veut s'imposer comme femme de lettres à Paris. Une grande partie de son œuvre sera d'ailleurs dictée et pas écrite par elle-même.

A 16 ans Marie est attrayante et malgré son manque d'enthousiasme, on la marie avec Louis-Yves Aubry, traiteur de l'Intendant Alexis Gourgues. Après le mariage son mari s'installe comme traiteur indépendant et leur fils est né le 29/8/1766. En novembre de la même année une partie de Montauban est inondée par le Tarn. On ne sait pas si son mari est victime directe ou indirecte de ce désastre, qui est suivi par des épidémies, mais il disparaît de sa vie.
Marie devenue veuve, se console très vite mais ne veut plus jamais se marier : pour elle le mariage est le tombeau de l'amour et de la confiance. Elle devient Olympe de Gouges : Olympe d'après le nom de sa mère et 'de Gouges' probablement dérivé de son nom de famille qui s'écrivait 'Gousse', 'Gouge' ou 'Gouges'.
Emmenée par son amant Jacques Biétrix de Rosières, un riche marchand de Toulouse, elle quitte Montauban pour Paris, accompagnée de son fils Pierre.

Elle n'a pas héritée beaucoup d'argent de son mari, ce qui ne l'empêche pas de mener grand train à Paris et son fils reçoit une éducation soignée et coûteuse. Pour subvenir à ses besoins elle essaie même d'obtenir de l'argent de son 'demi-frère', fils de Jean-Jacques Le Franc marquis de Pompignan, mais sans résultat.

Olympe a beaucoup d'admirateurs, mais c'est surtout Jacques Biétrix, dont elle a eu peut-être une fille, morte avant la Révolution, qui l'aide à payer ses dettes. A partir de 1774 elle reçoit une rente viagère de Jacques Biétrix et en 1788 on peut considérer qu'elle fait partie de la bourgeoisie aisée. Des détracteurs comme Restif de la Bretonne prétendent qu'avant de préférer la littérature elle était prostituée, mais courtisane est plus près de la vérité. Elle fréquentait même le cousin du roi Louis XVI, Philippe duc d'Orléans, futur Philippe-Egalité.

A l'age de 30 ans elle renonce à la galanterie, elle déménage, toujours à Paris, et s'entoure d'intellectuels : journalistes, auteurs et philosophes. Son grand ami est Louis-Sébastien Mercier, un auteur.

En 1784 elle achève la rédaction des Mémoires de Madame de Valmont et elle a écrit plus ou moins 30 pièces de théâtre. Sa première pièce de théâtre Zamore et Mirza, ou l'Heureux Naufrage, traite de la condamnation de l'esclavage. Après beaucoup de mal elle est acceptée par les comédiens du Théâtre-Français qui ont le pouvoir de décider des pièces qui seront jouées, mais elle est mise sur une liste d'attente. Olympe s'impatiente et essaie par tous les moyens de faire intervenir des personnages importants. Evidemment elle n'a pas que des admirateurs et à un certain moment les choses tournent mal à un point tel qu'il y a même une lettre de cachet - qui ne sera pas exécutée - pour l'envoyer à la Bastille.
Fin décembre 1789 la pièce sera enfin jouée mais elle est sifflée par la claque à cause du sujet. Olympe fait quelques changements mais le 2/1/1790 elle est définitivement retirée du programme, les comédiens ayant le dernier mot. Olympe ne se laisse pas faire et intente un procès, supportée par d'autres écrivains. Le résultat est que les statuts du Théâtre-Français doivent être modifiés et que la préséance des écrivains sur les comédiens est établie.
Olympe qui parlait de partir en Angleterre à la recherche de plus de liberté pour la production de ses pièces de théâtre, change d'avis, aussi parce que depuis un an et demi elle est engagée dans la cause de la Révolution. Elle rêve d'égalité entre les êtres, de la régénération des mœurs, d'une place responsable dans la société pour les femmes et de la liberté d'expression. Le 6/11/1788 elle a publié une première brochure politique dans le Journal Général de France, La Lettre au peuple dans laquelle elle parle entre autres d'un impôt volontaire. Elle prévoit un vaste programme de réformes sociales, elle parle d'assainissement et d'hygiène, elle est contre les privilèges et les spéculateurs , mais elle défend quand-même le train de vie royal.

Le 1/5/1789, quand les Etats Généraux sont rassemblés pour la première fois depuis 1614, elle est aux premiers loges comme spectatrice. Comme elle ne peut pas se faire entendre elle veut éditer son propre journal L'Impatient, mais elle n'obtient pas l'autorisation nécessaire.
Après la prise de la Bastille, malgré son attachement au monarchisme, elle écrit un factum Séance Royale dans lequel elle incite le Roi à abdiquer en faveur d'un Régent (Philippe d'Orléans), puis elle prend peur et écrit un autre pamphlet contre le duc d'Orléans. Résultat : son fils perd son emploi comme ingénieur dans le service du même duc d'Orléans.
Olympe écrit des pamphlets sur tout et ne se distingue jamais par sa modération, que du contraire. Elle continue à assister et même à prendre part aux débats de l'Assemblée Nationale dans les tribunes des Jacobins. Elle désespère parce qu'on ne reconnaît jamais son rôle de pionnier dans la voie de la réforme. Mirabeau est conquis par son dynamisme mais elle se fait beaucoup d'ennemis, et le 5/10/1789 elle est menacée à son domicile par un troupe d'énergumènes.

1790 est une grande année pour la pensée féministe moderne en Europe avec par exemple la publication en Allemagne de Théodore Von Hippel Sur l'amélioration du sort de la femme au point de vue du droit de cité et en Angleterre celle de Mary Wollstonecraft Vindication of the Rights of Woman, traduite en français en 1792.

Mirabeau meurt le 2/4/1791 et le 22/6/1791 c'est la fuite et l'arrestation du roi. Le 5/9/1791 Olympe signe son premier texte féministe La Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne. Jusqu'à la chute du roi elle souhaitera une monarchie constitutionnelle et son manifeste remarquable L'esprit Français est dédié à Louis XVI. Dans cette publication elle réclame le droit de vote pour tout le monde, ce qui se fera en août 1792, mais malheureusement uniquement pour les hommes, les femmes restant politiquement mineures.

Après avoir participée en juillet 1792 à un défilé de femmes à Paris, Olympe s'absente pour promouvoir ses pièces de théâtre en province. Au cours du voyage elle apprend la chute de la monarchie le 10/8/1792 et elle retourne à Paris où la Révolution avance par la violence : la guillotine commence son travail.

Le 21/9/1792 c'est la Convention du premier jour de l'an I de la République. Olympe se rattache au mouvement des Girondins et fait un pamphlet contre Robespierre et Marat.
Le procès du roi commence et Olympe propose en vain son aide à l'avocat de la défense, Malesherbes. Rien ne peut sauver le roi qui sera exécuté le 21/1/1793. En mars 1793 Olympe échappe de justesse à une attaque contre elle dans la rue.

Le 2/6/1793 c'est la chute des Girondins et la Révolution prend un autre tournant. Olympe reste solidaire avec eux et écrit son testament politique.

Elle part à Tours à la recherche de son fils qu'elle croit mort ou blessé, et trouve uniquement sa compagne et ses enfants, qui la rassurent. Quand son fils rentre de Paris elle est pratiquement chassée par lui, tellement qu'il veut se distancer d'elle et de ses idées.
Olympe achète une maison avec quelques hectares de terrain à Saint-Etienne-de-Chigny dans la région de la Loire avec l'idée de s'y retirer et de vivre selon les principes de son grand idole Jean-Jacques Rousseau.
Elle retourne encore une fois à Paris où entre-temps Marat est mort et Charlotte Corday exécutée.

Le 20/7/1793 elle veut faire placarder son manuscrit Les trois Urnes quand elle est arrêtée, de même que son éditeur et un colporteur. Les deux hommes sont relâchés après interrogation mais elle est emprisonnée à l'Abbaye à Saint-Germain-des-Près, après une perquisition dans sa maison et plusieurs interrogations. Comme elle a une plaie au genou qui s'envenime et qu'on refuse de la soigner, elle écrit un pamphlet sur les conditions déplorables dans la prison, qu'on refuse de publier évidemment. On la transfère au prison de la Petite-Force dans le Marais où elle apprend qu'on peut simuler une grossesse pour essayer de rester en vie quelques mois de plus, ce qu'elle essayera sans succès. La compagne de son fils lui rend visite avec ses petits-enfants.
Olympe est transférée dans la maison de santé de la citoyenne Mahaye où on peut se faire 'oublier' des juges contre une rente mensuelle très élevée. Ses bijoux sont engagés au Mont-de-Piété, mais il est clair qu'elle n'a pas assez d'argent pour survivre longtemps.

En octobre 1793 a lieu de procès et l'exécution de la reine Marie-Antoinette.
Le 28/10/1793 Olympe est envoyée à la Conciergerie et le 2/11/1793 elle paraît devant ses juges, accusée de sympathies royalistes. On lui refuse un avocat parce qu'on dit qu'elle sait très bien se défendre elle-même, ce qu'elle fait avec un certain succès côté public. Comme prévu elle est condamnée à mort, deux semaines après Marie-Antoinette, et elle sera exécutée le 3/11/1793.

Après sa mort Olympe de Gouges a été décrite par des historiens misogynes comme 'une hystérique qui avait oublié les vertus qui conviennent à son sexe'. Son grand 'tord' c'est de s'être battue pour des causes très diverses comme la libération des esclaves, la construction de maternités, le droit de vote des femmes, l'institution du divorce, les droits des orphelins et des mères célibataires, et bien d'autres en n'étant 'qu'une femme'. Beaucoup de ses innovations se sont réalisées seulement au vingtième siècle.

Composition

Elza Daix
04/08/2004

Source:

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Mot clé: de Gouges Olympe

Blanc, Olivier
Olympe de gouges. - Parijs : Syros, 1981. - 238 p.: ill.
* ill. (couverture)

Scott, Joan W.
La citoyenne paradoxale : les féministes françaises et les droits
de l'homme. - Paris : Albin Michel, 1998. - 286 p.
Oorspr. tit.: Only paradoxes to offer
ISBN 2-226-09598-5

Lequenne, Michel
Nouvelles lumières sur Olympe de Gouges
In: CAHIERS DU FEMINISME; volume 18 nr 70 (aut 1994), p. 46-48

Blanc, Olivier
Olympe de Gouges : une grande dame de la liberté.
In: LUNES; nr 04 (jul 1998), p. 39-45

Taat, Mieke
Geschiedenis met een verleden : negentiende-eeuwse geschiedschrijvers over vrouwen in de Franse Revolutie
In: TIJDSCHRIFT VOOR VROUWENSTUDIES; volume 12 nr 04 (48 1991), p. 483-498

De Weerdt, Denise
Olympe De Gouges. De eerste moderne feministe
In: STEM DER VROUW; volume 75 nr 03 (1989), p. 27

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