Art

Féminisme et mouvement des femmes

Figures historique

Littérature

Politique

Sport

Sciences et technique

Femmes remarquables... Marie Curie

curie Née le 7 novembre 1867 à Varsovie, Maria Salomea Sklodowska est le cinquième enfant d'un couple de professeurs. Le ménage vit pauvrement dans une Pologne dirigée par les Russes. Sa mère meurt de tuberculose en 1878, deux ans après sa sœur aînée. Les enfants Sklodowska sont tous des bons élèves, mais Marie semble être la plus douée : elle reçoit même une médaille d'or d'un lycée public pour son bon travail en classe et sa connaissance du russe.

* ill.

Après ses études secondaires, pour des raisons de santé, elle est envoyée chez des parents à la campagne. En 1884, de retour à Varsovie, elle voudrait bien continuer ses études, mais l'université est interdite aux femmes. Elle suit des cours de 'l'université volante', donnés en secret par des bénévoles patriotiques polonais. Avec sa sœur Bronia, elles décident que l'avenir est à l'étranger. D'abord Bronia ira à Paris faire des études de médecine, Maria travaillant en Pologne pour lui envoyer de l'argent, puis, Bronia ayant terminé ses études, Maria ira à Paris suivre des cours de science.

Maria est engagée comme préceptrice chez la famille Zorawska où elle trouve une amie dans la fille aînée, qui l'aidera même à donner des cours aux enfants du village. Elle tombe amoureuse du fils Kazimierz, mais les parents refusent leur mariage. En 1889 elle quitte cette famille pour la famille Fuchs, près de la mer Baltique, puis elle retourne à Varsovie pour un poste d'institutrice. En même temps elle s'initie à la physique et à la chimie dans un petit laboratoire. Bientôt elle a assez d'argent pour rejoindre sa sœur à Paris, ce qu'elle fait en novembre 1891.

Marie s'inscrit à la Sorbonne et passe tout son temps à étudier la physique et les mathématiques, avec succès parce qu'elle est licenciée en sciences physiques en 1893 et en mathématiques un an après. 1894 est aussi l'année de sa rencontre avec Pierre Curie, 35 ans et professeur au PC (Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielle de la Ville de Paris). Un an après, le 26 juillet 1895, ils se marient.

curie2

Sa vie est monotone : elle passe huit heures par jour de recherches scientifiques, trois heures de ménage et elle continue ses études. Marie décroche la première place au concours d'agrégation physique, lui permettant d'enseigner aux jeunes filles dans les lycées de la République. Pierre se moque des diplômes et des décorations (il refuse par deux fois la Légion d'Honneur), ce qui l'intéresse c'est d'avoir son laboratoire de recherche. En 1897 leur première fille, la future Irène Joliot-Curie, est née et Marie commence son mémoire sur ce qu'elle appellera plus tard la radioactivité. Elle s'intéresse au travail de Henri Becquerel qui a découvert les rayons uraniques en 1896. *ill.2

Bientôt son mari la joint dans ses recherches, c'est d'ailleurs lui qui fabrique les appareils de mesure dont ils ont besoin. Le laboratoire mis à leur disposition par le directeur de l'école n'est pas plus qu'un hangar où il fait froid en hiver et trop chaud en été. C'est Marie qui constate que des rayons peuvent être émis par d'autres matériaux que l'uranium et elle propose d'appeler cette faculté 'radioactivité'. Une nouvelle science est née. A partir de juin 1898 il est impossible de faire une différence entre le travail de Marie et celui de Pierre, ils travaillent vraiment en équipe. Pierre affine la théorie et Marie améliore la technique, ce qui l'oblige de travailler dans les vapeurs et les radiations.

Les Curie commencent à être connus. Pierre refuse le poste de professeur de physique à Genève pour s'occuper de son laboratoire et de ses recherches. Marie donnera des conférences de physique, de 1900 à 1906, à l'école normale supérieure de l'enseignement secondaire de Sèvres.
En 1902 Marie obtient enfin un décigramme de radium pur. Ce travail sert de base à sa thèse de doctorat en 1903. Le 20 janvier elle reçoit son diplôme de docteur es sciences physiques. En 1903 Henri Becquerel, Pierre et Marie Curie remportent le prix Nobel de physique pour la découverte de la radioactivité. Les époux étant exténués par le travail et les radiations qu'ils subissent chaque jour, c'est l'ambassadeur de France qui les représente à la cérémonie. Ce n'est qu'en 1905 que Pierre prononce son discours à Stockholm.

Entre-temps on se rend compte que le radium peut avoir des effets secondaires néfastes. Pierre, transformé en cobaye, placera pendant deux heures, du bromure de baryum radifère, enveloppé dans de la celluloïd, sur son bras. Puis il décrit jour après jour les brûlures ainsi provoquées. Mais partout dans le monde le radium est considéré comme 'magique', il fait rêver : on vend des comprimés, des crèmes antirides, des eaux minérales au radium … bref le radium soigne tout. Ce n'est que graduellement qu'on se rend compte du danger pour la santé. En 1925 on met enfin en place une réglementation, mais ce n'est qu'après 1970 que le radium est interdit en France.

En quelques années les Curie vont construire l'industrie du radium en France avec l'aide d'un entrepreneur, Emile Armet de Lisle. Sa nouvelle usine à Nogent-sur-Marne est entièrement consacrée à l'extraction de radium et à la fabrication d'applicateurs.

Le 19 avril 1906, Pierre Curie meurt dans un banal accident, écrasé par un camion tiré par des chevaux. Leur notoriété paraît dans les tonnes de télégrammes et les gerbes que les Curie reçoivent. Paul Langevin, fidèle ami de Pierre et mathématicien renommé, et plus tard l'amant de Marie, écrit sa nécrologie, des communes donnent son nom à des rues, on frappe une médaille, bref on honore un savant trop tôt disparu pour mieux oublier son épouse.

A trente-neuf ans Marie est veuve avec deux enfants en bas age, et elle doit de nouveau se battre pour imposer son nom et nourrir sa famille. Malgré la misogynie des professeurs et des institutions, il est vite clair que la seule personne capable de continuer le travail de Pierre Curie est sa veuve. Après un temps d'hésitation elle se voit accorder la succession de Pierre à la Sorbonne et le 5 novembre 1906 elle donne son premier cours. La science prenant le dessus, ses deux filles vont vivre chez leur grand-père Curie à Sceaux.

Une dispute scientifique l'oppose à l'anglais Ernest Rutherford, lord Kelvin, qui en 1910 découvre la physique abstraite, mieux connue comme physique nucléaire. Lors d'un congrès international de radiologie à Bruxelles on propose d'appeler curie l'unité de mesure de l'étalon international du radium. Bien que flattée, Marie n'accepte qu'à condition qu'on utilise sa définition.

De retour à Sceaux, son beau-père meurt à l'age de quatre-vingt-trois ans, un grand chagrin pour ses deux filles, et elle est obligée de reprendre l'organisation du ménage.
En 1911 elle rate de justesse sa nomination à l'académie des sciences, dans une atmosphère de misogynie, de xénophobie et d'antisémitisme. En plus, dans les journaux on parle de sa relation avec Paul Langevin, un homme marié et père de trois enfants. Quand ils participent tous les deux au premier Conseil Solvay, cette histoire fait la une des journaux et on l'accuse d'avoir détourné Langevin de son devoir conjugal (en réalité il était déjà séparé de sa femme). On l'exhorte de retourner dans son pays natal. Grâce à des amis fidèles, elle reste en France et l'Académie suédoise lui accordera un deuxième prix Nobel de chimie, mais en lui demandant de ne pas venir le chercher elle-même à cause du scandale ! Marie se rend quand même en Suède, accompagnée de sa sœur Bronia et de sa fille Irène, et subit les cinq jours de cérémonies officielles de bonne grâce. De retour en France, le stress et la fatigue font qu'elle s'effondre le 29 décembre 1911 et doit être hospitalisée, puis elle se reposera chez une amie en Angleterre.

A son retour elle quitte Sceaux et s'installe à Paris avec ses filles. Le scandale a eu un bon côté : son nom est connu dans le monde entier, et en ce qui concerne son laboratoire, les gens s'y sont vraiment rassemblés autour d'elle pour travailler en équipe.

En 1913 la Société savante de Varsovie est crée avec son support, mais elle ne retourne pas vivre en Pologne.

curie4 La première guerre mondiale amènera aussi un énorme progrès dans la médecine. Avec l'aide de Marie on équipera des voitures avec des appareils de radiologie, appelées des Petites Curie, pour permettre d'aider les blessés plus près du front. Marie donnera aussi des cours pour créer des manipulatrices de ces appareils.
Bien sûr, la radiologie a aussi des inconvénients quand on n'est pas protégé, comme c'était le cas de Marie et de sa fille Irène.

*ill.3

Après la guerre Marie est reconnue comme patriote pour son travail.
Elle achète une maison de vacances à l'Arcouest, près de Paimpol, un endroit qui regorge de scientifiques.
Le 4 mai 1921 Marie, accompagnée d'Irène et d'Eve, commence une tournée triomphale en Amérique, organisée par la journaliste Marie Meloney, dit Missy, dans le but d'obtenir de l'argent et un gramme de radium pour son laboratoire. Elle y retourne en 1925 pour recevoir un chèque des mains du Président Warren G. Harding en vue de créer un Institut du radium à Varsovie, ce qui est chose faite en 1932. Cet institut est au départ un hôpital spécialisé en cancérologie, puis devient un centre de recherches en radiothérapie.

A son retour Marie est affaiblie, rongée par le radium : après ses mains qu'elle frotte tout le temps, se sont ses yeux qui la font souffrir. Elle est opérée de la cataracte, mais elle a du mal à lire et à écrire. Le 7 février 1922 elle est élue membre associé libre de l'Académie de médecine. Marie est statufiée de son vivant et elle est une des rares personnes à pouvoir donner comme adresse la rue qui porte son nom : rue Pierre et Marie Curie. En novembre 1924, Frédéric Joliot se présente au laboratoire et il devient le premier préparateur. Deux ans plus tard il épouse Irène, le 9 octobre 1926, et l'année suivante leur petite Hélène est née. Marie Curie meurt le 5 juillet 1934 au sanatorium de Sancellemoz (Haute-Savoie) d'une leucémie pernicieuse, une suite des doses massives de radium auxquelles elle a été exposée durant sa vie, peu de temps après la découverte de la radioactivité artificielle par Frédéric et Irène Joliot-Curie. Le 23 novembre 1935 Albert Einstein, un ami pendant vingt ans, prononce un discours à son honneur lors du Curie Memorial Celebration à Roehrig Museum.

Le 20 avril 1995 Pierre et Marie Curie sont inhumés au Panthéon sous la présidence de François Mitterand, assisté par Lech Walesa. Par peur des radiations le cercueil de Marie avait été plombé !

Composition

Elza Daix
5/07/2005

Source:

Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:

Mot clé: Curie Marie

Giroud, Françoise
Une femme honorable
[S.l.]: Fayard, 1981. - 380 p.: ill.
ISBN 2-213-01006-4
Exemplaarnr.: T/0075
*ill.2 tussen p.200-201

Lemire, Laurent
Marie Curie
[s.l.]: Perrin, 2001. - 253 p.: ill.
ISBN 2-262-01701-8
Exemplaarnr.: T/0658

Di Domenico, Kelly
Super women in science
Toronto, Second Story Press, 2002.- 102 p.: ill.
ISBN 1-896764-66-5
*ill.1 p. 13, *ill.3 p.70

Marie Curie rust als eerste vrouw in Parijse Panthéon.-
In : DE STANDAARD, 21/04/1995 Radium werd haar dood.-
In : HET VOLK, 04/06/1999

1934 Zwitserland.-
In : KNACK, Vol. 33, Afl. 26, 25/06/2003

Info: pour plus d'information regardez dans la RoSa base de données