Née en 1864 dans la province française, Camille Claudel a tout pour devenir célèbre: talent, intelligence, courage, beauté mais elle sera détruite par les circonstances.
Très jeune elle commence à modeler et sculpter et parvient finalement à avoir l'autorisation de son père pour suivre des cours. En 1881 toute la famille déménage à Paris où Camille s'inscrit à l'Académie Colarossi. Son premier professeur est Alfred Boucher, remplacé ensuite par Auguste Rodin. Elle loue un atelier avec trois jeunes sculptrices anglaises.
Assez rapidement elle devient la maîtresse d'Auguste Rodin qui a 24 ans de plus qu'elle, et en 1884 elle commence à travailler dans son atelier. Elle travaille pour lui (parfois même comme modèle) et avec lui, mais elle fait aussi ses propres oeuvres qui sont exposées chaque année au Salon des Artistes français. Elle y reçoit une première reconnaissance officielle pour son travail à l'age de 23 ans sous forme d'une mention honorifique pour une sculpture nommée 'Sakountala'.
* ill.
Sa relation 'scandaleuse' avec Auguste Rodin devient connue, ce qui lui cause des problèmes avec sa famille, surtout avec sa mère qui n'a jamais été tout à fait d'accord avec son choix de carrière, et elle doit quitter la maison familiale. A partir de ce moment elle habite seule: elle ne vivra jamais avec Auguste Rodin qui ne veut pas terminer sa relation de vingt ans avec Rose Beuret.
En 1892, probablement après un avortement non souhaité, elle rompt avec Auguste Rodin, bien qu'ils se voient encore régulièrement jusqu'en 1898.
Sur le plan artistique il est clair que Camille a été influencée par Auguste Rodin, mais le contraire est vrai aussi. Sa période la plus créative, pendant laquelle elle essaie aussi des nouveaux matériaux tel que l'onyx, se situe entre 1893 et 1905. Elle est une vraie 'femme de métier' qui travaille aussi bien le plâtre et l'argile, que le marbre où elle est même meilleure qu'Auguste Rodin. Mais la sculpture est un métier lourd et les matériaux sont chers. Bien que son génie soit reconnu, elle a du mal à survivre: une première commande de l'état ne se fait pas finalement parce que, entre autres choses, Auguste Rodin s'y oppose. Lentement mais sûrement sa situation se détériore: la pauvreté et trop d'alcool abîment sa santé.
A partir de 1905, elle a 41 ans, on voit clairement qu'elle a des problèmes mentaux: elle détruit ses statues, disparaît régulièrement pour des périodes assez longues et souffre d'une paranoïa qui la fait se retourner complètement contre Auguste Rodin qu'elle accuse de voler ses idées et d'être à la tête d'une conspiration pour la tuer.
Son père qui a toujours cru en elle et a essayé de l'aider, meurt en 1913. Camille n'en est même pas avertie, mais 8 jours après, à l'instigation de sa mère, elle est amenée de force dans un institut psychiatrique, d'abord près de Paris, puis, au début de la guerre, à Montdevergues près d'Avignon.
Après une campagne de presse qui accuse la famille Claudel d'avoir interné une sculptrice géniale, le calme revient. Selon le dossier médical on propose régulièrement à la famille de relâcher Camille, mais chaque fois on bute sur un refus catégorique de sa mère, qui l'interdit aussi de recevoir du courrier de quelqu'un d'autre que son frère Paul Claudel.
Quand Camille Claudel meurt en 1943, après 30 ans d'internement, elle est presque oubliée complètement: à l'institut elle n'a plus jamais rien créé et certains bibliographies ont déjà annoncé sa mort en 1920
En 1951 son frère Paul Claudel organise une rétrospective au Musée Rodin, mais ce n'est que dans les années quatre-vingt que le grand public redécouvre Camille Claudel grâce à plusieurs livres biographiques.
En 1984 on organise une grande exposition des ses oeuvres, et en 1988 on fait un film sur sa vie.
Une partie de l'uvre de Camille Claudel est perdue parce qu'elle l'a détruite elle-même, mais les quelques 90 statues, esquisses et dessins qui restent montrent une artiste géniale, qui malheureusement est souvent plus connue comme la maîtresse d'Auguste Rodin et la sur de Paul Claudel...
Elza Daix
Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:
Mot clé: Claudel Camille
Plante, Christine
La petite soeur de Balzac : essai sur la femme auteur
Paris: Editions du Seuil, 1989. - 374 p.
Montero, Rosa
Vrouwenportretten
Amsterdam: Wereldbibliotheek, 1997. - 189 p.: ill.
ISBN 90-284-1780-X
* ill.
Heireman, Magda
Camille Claudel : een dans van mystiek en banaliteit
In: VROUW IN DE MIDDENGROEPEN; volume 43 nr 03(mei/1993), p. 19-20
Mot clé: 20e eeuw vrouwengeschiedenis
Montreynaud, Florence
Le XXe siècle des femmes
Paris: Editions Nathan, 1989. - 731 p.: ill.
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