Jeanne Barret (parfois écrit Baré ou Baret) est née le 27 juillet 1740 à La Comelle, une petite bourgade en Bourgogne. Peu est connu de sa jeunesse. Son père était probablement un fermier modeste et certaines sources supposent que Jeanne, très jeune, est devenue orpheline et devait se débrouiller toute seule.
Son destin aventureux peut être contribué en grande partie à son association avec Philibert Commerson, docteur, naturaliste du roi et fondateur du jardin botanique dans l'Ain.
Jeanne arrive dans sa maison à Toulon-sur-Arroux (Charollais) en qualité de secrétaire et gouvernante pour son fils, dont la mère est décédée à la naissance. En plus elle devient la maîtresse de Philibert Commerson et ensemble ils travaillent à son uvre 'utopique' : écrire une publication rassemblant tous les règnes de la nature (faune, flore et minéraux). Bien qu'ils travaillent dur le projet n'aboutira pas mais, plus tard, leurs notes seront utilisées par d'autres naturalistes.
Famille et voisins désapprouvent la liaison entre la jeune femme et le veuf Philibert de Commerson. Les documents ne mentionnent pas la raison pour laquelle ils ne se sont jamais mariés, mais quand Jeanne est enceinte en 1764 ils déménagent à Paris pour échapper à cette pression sociale.
Leur fils, Jean-Pierre, décède et c'est peut-être pourquoi Jeanne, déguisée en valet et sous le nom de Bonnefoy, monte à bord de la flûte l'Etoile, commandée par L.A. de Bougainville, avec Commerson à Rochefort le 1 février 1767. Les circonstances à bord sont loin d'être luxueuses : l'eau douce sert uniquement à l'alimentation et les latrines publiques ont dû causer quelques difficultés à l'aventurière dont le plus grand problème est d'éviter qu'on découvre qu'elle est une femme. Jeanne reste donc boutonnée, la poitrine bandée, même dans la chaleur tropicale. Pour répondre aux doutes de ses co-voyageurs elle prétend être un eunuque mais elle est obligée de se déplacer armée afin de pouvoir se défendre en cas de besoin
Plus tard le médecin à bord la décrira comme petite, un peu forte avec un visage rond, et certainement pas une beauté
Les premières semaines de la traversé elle souffre du mal de mer mais par après cela s'arrange. Chaque fois qu'ils font escale elle accompagne son 'maître' pour chercher des plantes. Pour prouver sa 'virilité' elle fait des travaux de force avec une détermination admirable ce qui lui vaut le surnom de 'bête de somme'.
Le tour du monde de L.A. de Bougainville avec l'Etoile et la Boudeuse touche les côtes du Brésil, de l'Uraguay, de la Patagonie, de la Nouvelle-Irlande, des Moluques, de Batavia et de Java.
C'est Commerson qui découvre la Bougainvillée en Brésil et lui donne le nom du commandant de l'expédition.
C'est finalement pendant leur séjour à Tahiti en avril 1768 que Jeanne est reconnue comme étant une femme par les indigènes et déshabillée. On a besoin d'une force armée pour la sauver des ses admirateurs ! Questionnée par L.A. de Bougainville elle ment : tout en pleurant abondamment elle prétend que Commerson n'était pas au courant de son sexe pour lui éviter une punition.
Une fois reconnue comme femme, sa vie à bord doit avoir été plus facile mais en même temps sa présence cause quelques problèmes : il était interdit au participants de l'expédition de se faire accompagner par leur femme.
Le 8 novembre 1768 Jeanne Barret et Philibert Commerson quittent l'expédition pour s'installer sur l'île Maurice, une colonie française, pour travailler dans le Jardin des Pamplemousses. D'autres missions scientifiques leur sont confiées pendant les années à suivre à la Réunion et à Madagascar.
Malheureusement Philibert Commerson devient malade et meurt le 13 mars 1773 dans une misère absolue. Jeanne trouve un moyen de survie en ouvrant un cabaret-billard à Port-Louis, capitale de l'île Maurice. Quelques mois après elle est condamnée à une amende servant d'exemple pour la colonie parce que ses clients étaient ivres à l'heure de la messe. Le 17 mai 1774 elle se marie avec Jean Duberna (écrit parfois Dubernat) un soldat français périgourdin. Ensemble, ils retournent en Europe où ils s'installent à Sainte-Aulaye près de Périgueux.
Elle doit attendre jusque novembre 1794 avant de recevoir une rente, établie encore par le roi Louis XVI défunt, en reconnaissance de son travail de botaniste pendant le tour du monde.
Finalement elle meurt le 5 août 1807.
Bien que Jeanne Barret est la première Française à avoir fait le tour du monde, aujourd'hui elle pratiquement inconnue. Pourtant de son vivant aussi bien L.A. de Bougainville que D. Diderot on cité sa contribution à l'expédition de 1766-1769 et Philibert Commerson a donné son nom à une plante : la Baretia.
Elza Daix
Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:
Mot clé: Barret Jeanne
Jeanne Barret, botaniste, aventurière et navigatrice
In: CAHIERS DU FEMINISME; volume 17 nr 67/68 (pri 1994), p. 48-49
Jeanne Baré : aventurière et travestie
In: LUNES; nr 20 (juillet 2002), p. 41-49
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