Jane Austen est née le
16/12/1775 comme septième (deuxième fille) des huit enfants de George Austen, pasteur à
Steventon (Hampshire), et de Cassandra Leigh.
Son père a fait des études de théologie à Oxford et sa mère est issue d'une famille
de pasteurs et de médecins. Cassandra Leigh est une arrière-nièce du Duc de Chandor et
elle a reçu une bonne éducation qui lui permet d'écrire des lettres astucieuses aussi
bien en prose et qu'en vers. En plus elle bénéficie d'un petit revenu personnel, ce qui
est très utile puisque leur paroisse n'est pas riche. George, tout en étant pasteur est
obligé de vivre comme n'importe quel petit fermier avec un jardin potager, des moutons et
des poules. Contre paiement, il donne aussi de l'enseignement à des garçons habitant
chez eux, en même temps qu'à ses propres enfants.
*ill.
Sur le plan social la famille appartient à la bourgeoisie supérieure - ils parlent de façon distinguée, ils lisent beaucoup et écrivent même des petites pièces de théâtre - mais ils ont très peu d'argent. Les garçons feront une carrière honorable : James, l'aîné, deviendra pasteur, George, le deuxième et la seule exception, est légèrement handicapé et soigné en dehors de la famille, Edward, le troisième, sera adopté par le 'protecteur' de son père - un certain Thomas Knight - et héritera de ses biens, Henry, le quatrième, devient banquier et les deux autres, Francis et Charles termineront leur carrière comme amiral.
A l'âge de 7 ans Jane est envoyée pour
quelque temps en pensionnat avec sa sur Cassandra. De retour à la maison les filles
vivent dans un esprit de famille solide. Elles participent à des visites et des soirées
dansantes et Jane est loin de faire tapisserie : elle aime les beaux vêtements et elle
adore danser et flirter. En même temps elle observe son environnement et ses expériences
sont utiles à ses romans.
A la maison elle aime jouer du piano et elle développe tout doucement son talent
d'écrivain légèrement ironique. En 1795 Cassandra est fiancée à Thomas Fowle mais le
mariage est retardé par manque d'argent. Malheureusement son fiancé meurt de la fièvre
jaune en 1797, lors d'un voyage avec son patron, Lord Craven. Cassandra reste
célibataire. Jane tombe amoureuse plusieurs fois mais cela n'aboutit jamais en mariage.
En 1800 leur père décide de prendre sa
retraite et il laisse la paroisse à son fils aîné, James. Les parents avec leur deux
filles déménagent à Bath, une ville provinciale animée et une station thermale
visitée par des célibataires et des pensionnés, où la vie est moins chère qu'à
Londres. Pour Jane le déménagement est une catastrophe : ses amis et ses promenades dans
la nature lui manquent et elle arrête même d'écrire. Heureusement les surs sont
souvent en voyage, chacune de son côté, pour aller loger chez des membres de leur
famille. Ceci leur permet d'entretenir une correspondance assidue dans laquelle Jane
décrit de façon amusante sa vie quotidienne avec des descriptions de ses vêtements et
de ses rencontres, mais aussi avec des plaintes sur des visites ennuyeuses et le manque
d'argent.
Fin 1802 Jane reçoit une demande en mariage d'un propriétaire foncier riche, mais elle
refuse parce qu'elle ne l'aime pas. C'est un acte très courageux quand on pense que ce
mariage lui permettrait d'échapper à son existence plutôt frugale.
La mort du père Austen en 1805 laisse la mère avec trop peu d'argent pour survivre.
Cassandra bénéficie d'un tout petit revenu grâce à un héritage, mais Jane n'a pas
d'argent du tout. Les frères vont tous suppléer une somme annuelle mais les femmes sont
obligées de déménager vers des chambres meublées. Plus tard elles iront vivre chez
Francis à Southampton. Leur pauvreté ne les empêche pas tout à fait de participer à
des bals ou d'aller loger (les voyages sont un problème : elles doivent toujours profiter
des moyens de transport de connaissances pour minimiser les frais), entre autres chez
Edward qui habite maintenant la propriété Godmersham Park et qui a adopté le nom de
Knight.
Après le déménagement de Francis avec sa famille vers l'île de Wight en 1808 - la cohabitation ne s'était apparemment pas passée sans heurts - Jane, Cassandra et leur mère peuvent s'établir à Chawton Cottage (Hampshire), une habitation appartenant à Edward. Les dames s'occupent de couture, jouent du piano, cultivent des légumes et Jane peut de nouveau faire des promenades à la campagne. Elle se sent libérée et recommence à écrire. En réalité elle avait déjà l'ébauche de trois romans avant de déménager à Bath. Son père avait même proposé le roman First Impressions (retravaillé par après pour devenir Pride and Prejudice) à un éditeur, qui l'avait refusé. Fin 1802 l'éditeur Crosby avait payé 10 livres sterling pour les droits de Lady Susan, mais sans publier le livre. Jane lui écrit en 1809 pour exiger la publication sous peine de chercher un autre éditeur, mais Crosby refuse. Il lui propose de racheter les droits pour 10 livres sterling et menace de poursuite en justice si elle vend les droits à quelqu'un d'autre.
Jane reprend son écriture dans le plus grand secret : elle écrit sur des petites feuilles de papier lui permettant de les cacher dès qu' une porte grinçante lui annonce une visite impromptue (cette porte existe toujours et on fait une démonstration aux visiteurs du cottage !).
Avec l'aide de Henry, banquier à
Londres, en 1811 Sense and Sensibility est publié à ses frais, sans mention
d'auteur. Uniquement sa plus proche famille est au courant et elle est priée de garder le
secret. Le livre est un succès et Jane a un bénéfice de 140 livres sterling.
Le roman suivant Pride and Prejudice, publié en 1813, avec la mention qu'il est
écrit par la même dame que Sense and Sensibility, est un best-seller. Il y a un
deuxième tirage en automne du même an.
Peu à peu le nom de l'auteur est
dévoilé, et Mansfield Park, publié en 1814 est un succès commercial. Même le
prince de Galles est intéressé et envoie son bibliothécaire James Stainier Clarke avec
une invitation pour visiter sa bibliothèque à Carlton House.
Sur les instances de Clarke et de sa famille son roman suivant Emma est
dédicacé au Prince. Clarke poursuivit Jane avec des conseils inutiles et essaie même de
la convaincre d'écrire un roman sur la famille Saksen-Cobourg (en 1816, le prince
Léopold, futur roi des Belges, épouse la princesse héritière Charlotte), mais Jane
refuse poliment.
L'année 1815 apporte beaucoup de
problèmes à la famille Austen : Henry fait banqueroute, Charles fait naufrage et Edward
souffre des poursuites judiciaires d'autres prétendants à son héritage. Le résultat
est qu'ils ne savent plus payer la somme convenue à leur mère. Jane se sent malade et
affaiblie et elle souffre d'une fièvre éruptive. De surcroît sa vue baisse et elle doit
porter des lunettes, mais cela ne l'empêche pas d'écrire.
Quand le pharmacien local ne sait plus l'aider elle part à Winchester consulter un
médecin renommé. Après une amélioration temporaire son état s'empire et elle décède
le 18/7/1817. Elle est enterrée dans la cathédrale de Winchester. Ses deux derniers
romans, Persuasion et Northanger Abbey, sont publiés après sa mort, en
1818.
Malgré le succès de ses livres, la
bibliothèque de l'université de Cambridge - dépôt légal pour tout ce qui se publie en
Angleterre - refuse en 1818 l'uvre de Jane Austen (mais aussi celui de Ludwig von
Beethoven) comme dénué d'importance.
Au dix-neuvième siècle ses romans sont réimprimés plusieurs fois, mais tout doucement
elle tombe dans l'oubli.
Ce n'est pas avant la deuxième moitié du vingtième siècle que l'intérêt est
ressuscité. Chawton Cottage devient un musée et ses romans sont réimprimés. Les
innombrables films, adaptations pour la télévision, commentaires et critiques ont
rapportés des millions de revenus pour d'autres
Elza Daix
10/02/2005
Ce résumé est basé sur la documentation suivante disponible dans la RoSa base de données:
Mot clé: Austen Jane
Honan, Park
Jane Austen : her life. - New York : Fawcett Columbine, 1989
Exemplaarnr. T/0399
Grosvenor Myer, Valerie
Jane Austen : biografie. - Baarn : de Prom, 1999
Exemplaarnr. T/0554
* ill. (op omslag)
Tomalin, Claire
Jane Austen : een leven. - Naarden : Strengholt, 2001
Exemplaarnr. T/0667
Huisken, Alma
Voorvechtster van het romantische huwelijk.
In: OPZIJ; volume 18 nr 03 (maart 1990), p. 71
Claessens, Henriette
Jane Austen, een bezoek aan "Chawton Cottage".
In: HANDEN; volume 05 nr 01 (1ste kw 1989), p. 35-39
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