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Femmes remarquables... Madeleine Albright

Madeleine Albright - ill. RoSa n° S/0382 Une jeunesse vagabonde

La tchéco-slovaque Marja Jana Korbel est née le 15 mai 1937 à Prague, elle est le premier enfant de Jozef Korbel et Mandula Spiegel. Son père, un diplomate et professeur d'université en relations internationales, emmène sa famille avec lui lors de missions à l'étranger. La petite « Madlenka » grandit en Tchéquie et Serbie, en Angleterre et en Suisse où elle prend le prénom de Madeleine au pensionnat francophone. Sa famille est juive mais elle se convertit au catholicisme pour échapper à la persécution des Juifs. C'est seulement en 1997 qu'elle aura connaissance de ses origines juives.

En 1938, Hitler entre en Tchéco-Slovaquie pendant que Jozef Korbel est en mission avec sa famille à Belgrade, en ancienne Yougoslavie. Avec l'aide d'un ami serbe, ils peuvent via Le Caire aller en Angleterre où ils séjourneront pendant les années de guerre. La famille survit aux bombardements de Londres pendant que beaucoup de leurs parents juifs meurent dans les camps de concentration, parmi lesquels trois grand-parents de Madeleine. Après la prise de pouvoir par les communistes à Prague en 1948, Jozef Korbel parvient à être engagé en tant que ambassadeur des Nations Unies à New-York. Les Korbel demandent tout de suite l'asile politique aux Etats-Unis et s'établissent à Denver. Madeleine est alors âgée de 11 ans. Elle sait déjà qu'il faut continuellement s'adapter pour survivre.

Brillante intellectuelle et mère
Grâce aux excellentes notes à l'école secondaire Kent Denver, à 18 ans, Madeleine peut choisir entre différentes universités. En 1955, elle commence des études en sciences politiques à Wellesley, une université privée reconnue dans les environs de Boston où seules les femmes sont acceptées et où son amie Hillary Clinton terminera également ses études plus tard. Lors de ses 20 ans, en 1957, Madeleine Korbel devient citoyenne américaine. Madeleine, maintenant appelée « Maddy », parle entre-temps l'anglais avec un accent américain. A côté de ça, elle parle couramment le français et le tchèque et assez bien le russe, l'allemand et le polonais. En 1959, elle achève ses études et la même année, elle se marie avec Joseph Albright, un journaliste avec d'intéressantes relations et descendant d'une riche famille de magnats de la presse de Chicago. Le couple a 3 filles. Pendant qu'elles grandissent, Madeleine Albright étudie la politique internationale à l'Université Johns Hopkins à Washington et le droit public ainsi que l'administration d'état à l'Université Columbia de New-York. Là, elle obtient son doctorat avec le professeur Zbigniew Brzezinski en 1976. Il l'introduira plus tard à la Maison Blanche.

Relations
Entre-temps, elle s'est constitué un réseau de relations dans les cercles démocratiques. De 1976 à 1978, elle travaille comme conseillère juridique pour son idole politique, le sénateur Muskie, et grâce au professeur Brzezinski, de 1978 à 1981, elle peut travailler pour le compte du président Carter en tant qu'experte en stratégies internationales au Conseil de sécurité nationale. Sa maison de Washington D. C. est un lieu de rencontres pour les politiciens importants et dirigeants internationaux.
« Si je gagne le Prix Pulitzer, je reste avec toi » dit une fois son mari en 1982. Il ne le gagne pas et du coup, il part avec une jeune fille, après 23 ans de mariage. Madeleine est complètement sous le choc et est très triste. Mais elle profite d'une généreuse pension alimentaire et se concentre sur son nouvel emploi en tant que professeur de recherches des Affaires internationales à l'Université Georgetown à Washington. Là, elle organise également des programmes pour augmenter les possibilités de carrière des femmes en politique.

Ambassadrice des Nations Unies
Il semble bien que la séparation douloureuse de sa carrière politique l'entraîne dans un enchaînement d'évènements. Elle devient conseillère pour l'étranger pour les candidats-présidents Ferraro et Dukakis et mène leur campagne électorale. En tant que porte-parole des Démocrates, elle plaide pendant la guerre froide pour la modération, et contre les vautours.
Madeleine Albright avec le president Bill Clinton Quand le président Bill Clinton la nomme ambassadrice des Nations Unies en 1993, elle change d'avis. Elle défend alors une politique d'intervention agressive, de préférence en collaboration avec les autres pays, en conflits avec le monde entier et surtout dans les Balkans. Pour les Américains, cela conduit à l'échec de la mission de paix des Nations Unies en Somalie. Clinton posera désormais son veto contre les interventions des Nations Unies qui n'offrent pas d'avantages directs aux Etats-Unis. L'ambassadrice Madeleine Albright suit fidèlement son président et laisse le « multilatérisme assertif » apparaître à nouveau. Elle s'oppose même au renforcement du contingent américain des Casques Bleus au Rwanda pour calmer le génocide de 1997. Elle défend également les sanctions économiques très controversées contre l'Irak et elle aide Clinton avec plaisir pour écarter le secrétaire général des Nations Unies Boutros Boutros-Gali.

Ministre des affaires étrangères
Pendant son deuxième mandat, le président Clinton nomme la fidèle Albright à son ministère des affaires étrangères, la première femme à jamais atteindre un aussi haut poste aux Etats-Unis. Elle prête serment (wordt ingezworen ?) le 23 janvier 1997. A partir de ce moment-là, elle est la femme la plus puissante du monde. Dans cette fonction, elle se consacre surtout à l'expansion de l'OTAN et aux Balkans. Elle insiste sur une intervention de l'OTAN comme réponse à l'agression du dirigeant serbe Milosevic et dénonce le plan Vance-Owen qui selon elle, récompenserait l'agression serbe. Ce plan lui rappelle en effet une conférence de Munich en 1938, où Hitler donnait le droit d'occuper le pays des Sudètes, un territoire germanophone de sa Tchéco-Slovaquie natale.

Albright n'est pas objective. Excepté Milosevic, elle hait profondément le dirigeant palestinien Yasser Arafat. Elle le tient personnellement responsable de l'échec des négociations de paix au Moyen-Orient.

Après le sommet politique
Quand Al-Qaida attaque les Etats-Unis le 11 septembre 2001, elle n'est déjà plus ministre des affaires étrangères. Elle est particulièrement flattée par la proposition du président tchèque Vaclav Havel pour le succéder en 2002 mais elle ne le fera pas. Elle voyage beaucoup dans le monde pour donner des conférences et elle siège dans de nombreux Conseils d'administration, entre autres dans celui de la Bourse de New-York. En 2006, l'administration de Bush à la Maison Blanche fait même appel à son expertise pour la question de l'Irak. Elle ne modère pas sa critique.

Pour le moment, Albright est notamment présidente de l'Institut Démocrate National pour les Relations Internationales, le NDI. Pour le Conseil des femmes dirigeantes du monde, elle préside le Women's Ministerial Initiative. Cette plate-forme tente de donner une place à l'égalité des sexes dans l'agenda des conférences des Nations Unies.

A l'âge de septante ans, elle fait encore du fitness quotidiennement, sans ses célèbres broches (?). Elle promet d'écrire un livre sur ses « Broches-diplomatiques ». Elle a toujours son humour et ses bons mots.

Rédigé par Brigitte Rys - mai 2007
Traduit par Audrey Linchamps - février 2009

Ce bref aperçu est basé sur la documentation disponible  dans la bibliothèque RoSa

Mevrouw de minister : het persoonlijke verhaal van de machtigste vrouw van de VS
Amsterdam : Anthos, 2003. - 541 p. : ill.. - Oorspr. tit.: Madam secretary : a memoir. 
ISBN 90-7634-146-X 
Exemplaarnummer: S/0382 

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Pour en savoir plus:

Albright, Madeleine
Memo aan de nieuwe president
Ambo/Manteau, 2008. - 257 p., - Oorspr. tit.: Memo to the President Elect: How We Can Restore America's Reputation and Leadership
ISBN 90-2632148-1  

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